• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Comportement

Prise de risque : rien à voir avec la testostérone !

Une méta-analyse basée sur plus de 17.000 hommes conclut que la testostérone n’explique pas à elle seule les comportements à risque. Les chercheurs évoquent plutôt une combinaison de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.

Prise de risque : rien à voir avec la testostérone ! anatoliy_gleb / istock




L'ESSENTIEL
  • Une méta-analyse de 52 études remet en cause le lien entre testostérone et prise de risque.
  • Parmi les comportements à risque à l’étude : jeux d’argent, prises de décision financières...
  • Ces comportements dépendent surtout d’un mélange de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.

Certains comportements sont davantage caractéristiques des hommes, avec un petit h : choisir de conduire vite, accepter un défi dangereux, jouer à des jeux d'argent... Pourquoi les hommes prendraient-ils souvent plus de risques que les femmes ? Depuis des décennies, une hypothèse domine les débats scientifiques : la testostérone, principale hormone sexuelle masculine, pousserait davantage à rechercher le danger ou l’incertitude. Mais une nouvelle étude internationale, basée sur 52 études menées auprès de plus de 17.000 participants, vient démonter cette idée reçue.

Pas de lien clair entre testostérone et prise de risques

Produite majoritairement par les testicules, la testostérone joue un rôle essentiel dans le développement de la voix, de la masse musculaire ou encore de la pilosité. Les femmes en produisent également, notamment via les ovaires. Chez les deux sexes, cette hormone participe à la solidité des os, à l’énergie et à la production des globules rouges.

Les scientifiques, qui ont publié leurs travaux dans la revue Neuroscience and Biobehavioral Reviews, ont analysé le lien entre le taux de testostérone et les comportements à risque : jeux d’argent, prises de décision financières, questionnaires psychologiques ou encore jeux de loterie. Les chercheurs ont utilisé différentes méthodes pour mesurer l’hormone, notamment des analyses sanguines et salivaires ou des administrations expérimentales de testostérone.

Résultat, il n'y a "aucun lien clair et fiable" entre la quantité de testostérone et la tendance à prendre des risques, selon un communiqué. Certaines études associaient des taux élevés à une plus grande prise de risque, d’autres ne trouvaient aucun lien, et quelques-unes observaient même l’inverse. Dans le détail, les rares associations observées apparaissaient surtout dans les tests de jeux de loterie. Avec d’autres outils d’évaluation, le lien disparaissait presque totalement.

Les comportements à risque influencés par de nombreux facteurs

Même si les hommes présentent naturellement des niveaux de testostérone plus élevés et adoptent souvent davantage de comportements risqués, l’hormone ne semble donc pas expliquer à elle seule cette différence. Les chercheurs évoquent plutôt un "modèle biopsychosocial", dans lequel les comportements seraient influencés à la fois par la biologie, la personnalité, les émotions, l’éducation, le contexte social, la situation vécue...

Autrement dit, la prise de risque serait donc le résultat d’un ensemble complexe de facteurs. Selon les auteurs, cette découverte pourrait contribuer à nuancer certaines idées reçues sur les différences comportementales entre hommes et femmes.

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

LES MALADIES