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Créatine : faut-il croire à ses promesses anti-inflammatoires ?

La créatine a bien un intérêt pour améliorer la performance sportive, mais elle ne doit pas être considérée comme un anti-inflammatoire avéré, selon des chercheurs.

Créatine : faut-il croire à ses promesses anti-inflammatoires ? Sidney van den Boogaard / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude brésilienne remet en question les effets anti-inflammatoires attribués à la créatine.
  • Les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve clinique solide chez l’humain.
  • Certaines recherches ont toutefois observé des effets dans des contextes très précis.

Très populaire chez les sportifs et les mordus des salles de musculation, la créatine est, depuis les années 1990, reconnue pour ses effets ergogènes, c’est-à-dire sa capacité à améliorer les performances physiques, la force musculaire et la récupération après l’effort. Aujourd’hui, ce complément alimentaire est aussi souvent présenté comme un allié contre l’inflammation du corps. Mais une étude menée au Brésil remet aujourd’hui en question cette réputation, largement relayée sur les réseaux sociaux et dans le monde du fitness.

Créatine : pas de preuve solide d’un effet anti-inflammatoire

Dans le cadre de leurs travaux, publiés dans la revue scientifique Frontiers in Immunology, des chercheurs de l’Université d’Etat de São Paulo (UNESP) ont passé au crible huit essais cliniques randomisés contre placebo afin d’évaluer les effets de la créatine sur les principaux marqueurs de l’inflammation. Verdict : aucune preuve solide ne permet aujourd’hui d’affirmer que la créatine possède un véritable effet anti-inflammatoire chez l’être humain.

"De nombreuses personnes affirment que la créatine est anti-inflammatoire en se basant sur des études réalisées sur des animaux ou des cellules en laboratoire. Le problème, c’est que ces résultats ne se traduisent pas toujours par des effets cliniques chez l’humain", explique Vitor Engrácia Valenti, auteur principal des travaux, dans un communiqué.

Certaines recherches ont toutefois observé des effets intéressants dans des contextes très précis. Chez des sportifs soumis à des efforts intenses et prolongés, une supplémentation élevée et de courte durée (environ 20 grammes par jour pendant cinq jours) a parfois permis de réduire certains marqueurs inflammatoires après des marathons ou des triathlons. Les scientifiques ont notamment relevé une diminution de la prostaglandine E2, du TNF-α et de l’interleukine-1β, des molécules impliquées dans la réponse inflammatoire.

L’inflammation n’est pas toujours négative

Reste que ces bénéfices n’ont pas été retrouvés chez d’autres populations. Des essais menés auprès de personnes âgées ou de patients souffrant d’arthrose n’ont montré aucune baisse significative de la protéine C-réactive (CRP), des interleukines ou d’autres cytokines inflammatoires. Selon les chercheurs, certaines améliorations observées pourraient d’ailleurs être davantage liées à l’exercice physique lui-même qu’à la créatine.

Mais "l’absence de preuve ne signifie pas forcément que l’effet anti-inflammatoire n’existe pas", nuance Vitor Engrácia Valenti, estimant que davantage d’études sont nécessaires. Le chercheur rappelle enfin que l’inflammation du corps n’est pas toujours négative : après un effort physique, certaines réactions inflammatoires participent bel et bien à la réparation et à l’adaptation musculaire.

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