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Cognition

Démence : ces jeux peuvent vous en protéger

Les seniors qui boostent leur cerveau avec des jeux de vitesse mentale auraient bien moins de risque de développer une démence en vieillissant, comparés à ceux qui n’entraînent pas leurs facultés cognitives, selon une étude américaine.

Démence : ces jeux peuvent vous en protéger LightFieldStudios / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude sur 20 ans révèle qu’un entraînement cognitif sur la vitesse mentale peut réduire de 25 % le risque de démence.
  • Les autres exercices (mémoire et raisonnement) n’ont pas montré d’effet sur la durée.
  • "Nous supposons que l’entraînement [de vitesse] a eu un effet sur la connectivité du cerveau", selon les chercheurs.

Mots croisés, jeux de logique ou de mémoire, exercices de rapidité mentale : pour stimuler son cerveau, chacun a son "serious game" favori. Si tous les moyens sont bons, encore faut-il qu’ils soient efficaces. Une étude américaine, publiée dans la revue Alzheimer’s & Dementia, montre qu’un seul entraînement cérébral bien spécifique, axé sur la vitesse de traitement de l’information, peut faire chuter significativement le risque de démence chez les plus de 65 ans. Un résultat prometteur, qui souligne que toutes les formes d’"entraînement du cerveau" ne se valent pas, et surtout que la régularité est la clé.

Renforcer les capacités automatiques du cerveau

L’étude ACTIVE (Advanced Cognitive Training for Independent and Vital Elderly) a été lancée à partir de 1998 et a impliqué plus de 2.800 seniors. Ceux-ci ont été aléatoirement soumis à trois types d’entraînements distincts (mémoire, raisonnement et vitesse de traitement de l’information) ou inclus dans un groupe témoin. Au programme : une séance d'une heure, deux fois par semaine pendant cinq semaines ; puis, un an et trois ans après, quatre séances de rappel. Au total, près de 24 heures d'entraînement.

Résultat, après vingt ans de suivi : seuls les participants au programme de vitesse – qui consistait à identifier et cliquer sur des objets apparaissant brièvement à l’écran tout en surveillant leur vision périphérique – ont vu leur risque de démence diminuer significativement : de 25 %. Et encore fallait-il suivre le protocole à la lettre : les bénéfices n’étaient observés que chez celles et ceux ayant effectué les dix sessions initiales, ainsi que les rappels. Les autres types d’exercices, comme ceux sur la mémoire ou le raisonnement, n'ont eu aucun impact mesurable. "Nous supposons que l’entraînement [de vitesse] a eu un effet sur la connectivité du cerveau", explique Marilyn Albert, co-autrice de l’étude, dans un communiqué.

Les données, issues de Medicare (un programme fédéral d’assurance maladie aux Etats-Unis), montrent une différence nette : près de 49 % des personnes sans entraînement ont développé une démence, contre seulement 40 % chez ceux ayant suivi l’entraînement avec rappels. "Ce type d’entraînement semble renforcer les capacités automatiques du cerveau, comme la vitesse et l’attention divisée, plutôt que les processus contrôlés plus vulnérables au vieillissement", souligne la chercheuse.

"Ce n’est pas un entraînement miracle à faire une fois"

Si l’étude est qualifiée de rigoureuse (randomisée, contrôlée, avec un long suivi), les experts restent prudents. Rachel Richardson, chercheuse pour la Cochrane Collaboration, note que l’effet statistique pourrait notamment être surestimé en raison d’une large marge d’erreur. D’autres rappellent que la recherche excluait certaines populations, comme les personnes ayant des troubles sensoriels. Surtout, elle ne garantit pas que l’effet soit reproductible avec des applications et des jeux aux méthodes différentes. "Ce n’est pas un entraînement miracle à faire une fois. Seule une approche structurée et répétée semble préserver certaines fonctions cognitives essentielles", conclut Marilyn Albert. Autrement dit, l’important pour le cerveau, c’est de le pratiquer souvent !

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