- Trois cas d’infections au virus Nipah, dont un décès, ont été recensés en Inde et au Bangladesh.
- L’OMS évalue le risque de propagation du virus Nipah, tant au niveau régional que mondial, comme faible.
- Aucune contamination n'a été identifiée lors du suivi de plus de 230 personnes en contact avec les malades.
Le virus Nipah, dont les principaux vecteurs sont les chauves-souris frugivores de la famille des Pteropodidae, ne connaît aucun traitement et conduit au décès des personnes infectées dans 40 à 75 % des cas. L’apparition de trois cas d’infections en Inde et au Bangladesh, dont un décès, a donc provoqué de nombreuses inquiétudes. Toutefois, l’OMS se veut rassurante.
Virus Nipah : une femme est décédée au Bangladesh
"L’OMS évalue le risque de propagation du virus Nipah, tant au niveau régional que mondial, comme faible" a indiqué le directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse à Genève (Suisse) organisée le mercredi 11 février 2026.
Les craintes face à cette maladie très létale sont nées à la suite du décès d’une femme au Bangladesh la semaine dernière. Mais les deux foyers observés ces dernières semaines "ne sont pas liés", a affirmé le directeur de l’OMS, "même si tous deux sont survenus le long de la frontière entre l’Inde et le Bangladesh".
Il a également précisé qu’aucun autre cas n’a été identifié après le suivi de plus de 230 personnes en contact avec les malades recensés.
Pourquoi les risques ont été estimés faible ?
Le virus Nipah provoque principalement une fièvre intense, des vomissements, des frissons, de la fatigue ou encore des troubles cérébraux (maux de tête ou confusion) et/ou pulmonaires (difficultés respiratoires, toux…). Dans les cas les plus graves, les patients font un œdème cérébral (encéphalite) ou un coma. Ce qui peut entraîner leur décès. Il n’y a aucun traitement contre cette maladie au fort taux de létalité. Le virus Nipah a ainsi été intégré dans la liste des "pathogènes prioritaires" de l’OMS.
Néanmoins, l’agence de santé a observé plusieurs éléments rassurants face aux cas rapportés cette année. Si une transmission d'homme à homme a été signalée lors d'épidémies précédentes, "elle a été moins fréquente ces dernières années". De plus, elle précise que de "solides mesures de santé publique" ont été instaurées dans les pays les plus touchés (Bangladesh, Inde, Myanmar) "pour détecter et contrôler les épidémies, y compris un système systématique de surveillance de l'infection du NiV humain basé dans les hôpitaux". Cette surveillance sanitaire resserrée permet de réduire le risque de propagation de la maladie.
L’OMS note également que la transmission interhumaine du virus Nipah observée a toujours été limitée. Elle se produit surtout lors de contacts très étroits (soins à des malades, exposition aux sécrétions), et non par voie aérienne comme c’est le cas avec la grippe ou le coronavirus. Des cas de contaminations par la consommation de fruits ont aussi été rapportés. Mais il s’agit de végétaux en contact direct avec des chauves-souris malade, comme le jus frais de palmier dattier. Or, ces produits restent géographiquement et culturellement très localisés en Asie du Sud et du Sud-Est.
L’ensemble de ces éléments conduit l’OMS à juger le risque de programmation faible pour le moment. Elle maintient toutefois une vigilance renforcée face à ce virus mortel.


