- Le virus Nipah refait surface en Inde avec cinq cas recensés fin janvier 2026.
- Ce virus zoonotique, transmis par les chauves-souris ou entre humains, peut provoquer une encéphalite mortelle.
- Sans traitement ni vaccin, seule la prévention peut freiner sa propagation.
Depuis quelques semaines, l'Inde est confrontée à une résurgence inquiétante du virus mortel Nipah, avec cinq cas confirmés dans l'Etat du Bengale occidental, à l’est du pays, rapporte le quotidien britannique The Independent.
L’épisode a débuté le 10 janvier, lorsque l'institut AIIMS (All India Institute of Medical Sciences) de Kalyani a alerté sur l’état de santé d’une infirmière de l’hôpital touchée par "une encéphalopathie progressant rapidement" et d'un infirmier fiévreux et en "détérioration neuro-respiratoire", selon un communiqué de l'institut du 13 janvier sur Facebook. Près de 100 personnes ayant été en contact étroit avec les individus infectés ont été placées en quarantaine, sous observation.
Cette situation ravive les craintes d'une possible flambée épidémique de Nipah, une maladie qui, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), est tout à fait capable de déclencher une pandémie, au même titre que le Covid-19, Ebola ou encore Zika.
Des premiers symptômes trompeurs
Le virus Nipah est un virus zoonotique à ARN du genre Henipavirus, qui a pour réservoir naturel les chauve-souris, en particulier celles du genre Pteropus. Il peut se transmettre à l'Homme via un hôte intermédiaire (chauve-souris et porc), par des aliments contaminés, mais aussi directement d'humain à humain. L'OMS précise que "le virus est présent dans l’urine des chauves-souris et éventuellement dans les fèces, la salive et les liquides libérés lors de la mise bas des chauves-souris". La pathologie, qui tient son nom du village où elle a été détectée, a été identifiée pour la première fois en 1999 chez des éleveurs de porcs en Malaisie. Depuis, elle est régulièrement observée au Bangladesh et en Inde.
L'Inde est régulièrement confrontée à des cas de Nipah, mais l'infection par ce virus est souvent difficile à soupçonner et à diagnostiquer en raison de ses premiers symptômes non spécifiques : fièvre, céphalées, douleurs musculaires, vomissements, maux de gorge. "Le tableau clinique [...] est variable, allant de l’infection asymptomatique à l’infection respiratoire aiguë, voire à l’encéphalite mortelle", détaille l’OMS. Dans les cas les plus graves, "on observe une encéphalite et des convulsions, qui évoluent vers le coma en 24 à 48 heures". Le taux de létalité est particulièrement élevé (entre 40 % et 75 %), et environ 20 % des survivants présentent des séquelles neurologiques durables.
Quelles précautions pour éviter la transmission ?
En l’absence de traitement ou de vaccin, la lutte contre Nipah, qui figure désormais sur la liste des "pathogènes prioritaires" de l’OMS, repose sur la prévention. Pour freiner la transmission depuis les chauves-souris, frugivores, il est recommandé de protéger les fruits et les sites de collecte de sève de palmier-dattier, en les couvrant par exemple avec des jupes de bambou. "Les fruits doivent être soigneusement lavés et pelés avant consommation. Et ceux en partie mangés par les chauves-souris doivent être jetés." Pour éviter la contamination interhumaine, les précautions sont similaires à celles adoptées face au Covid-19 : porter des protections, se laver régulièrement les mains et isoler les cas suspects.


