• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Santé des séniors

+20 % d’hospitalisations liées aux chutes des personnes âgées : comment les éviter ?

Le dernier rapport de Santé publique France met en lumière une hausse des hospitalisations et décès des personnes âgées en lien avec des chutes au cours des dernières années. Comment réduire les risques ?

+20 % d’hospitalisations liées aux chutes des personnes âgées : comment les éviter ? Toa55/istock




L'ESSENTIEL
  • En 2024, 174.824 hospitalisations en lien avec une chute ont été dénombrées chez les personnes âgées, soit une hausse de 20,5 % par rapport à 2019.
  • 20.148 patients de 65 ans et plus sont décédés en lien avec une chute en 2024.
  • Le nombre de chutes est plus élevé pendant l’hiver par rapport à l’été.

Les chutes des personnes âgées et leurs conséquences souvent graves représentent un vrai défi pour nos sociétés vieillissantes. Elles sont, en effet, la première cause de décès accidentel après 65 ans et la principale cause d’hospitalisation pour traumatisme. Un plan national anti-chute des personnes âgées avait été lancé en 2022 avec pour objectif de réduire le nombre de chutes mortelles de 20 % en 3 ans.

Toutefois, le rapport publié par Santé publique France le 12 mars 2026 montre que ce programme de prévention peine à porter ses fruits. En 2024, les hospitalisations et les décès en lien avec une chute chez les personnes âgées ont augmenté par rapport à 2019.

Chutes des personnes âgées : des hospitalisations et décès en hausse en 2024

En 2024, on a dénombré 174.824 hospitalisations en lien avec une chute chez les plus de 65 ans. Cela représente un taux standardisé de 1.198 hospitalisations pour 100.000 habitants et une augmentation de 20,5 %. Ces accidents ont coûté la vie de 20.148 personnes, soit une hausse de 18 % en 5 ans.

L’étude des données a permis aux experts de réparer des différences selon les sexes : "si les hospitalisations sont, à structure d’âge identique, proportionnellement plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes, la mortalité en lien avec une chute est en revanche proportionnellement plus élevée chez les hommes que chez les femmes", écrivent-ils dans leur rapport.

Par ailleurs, les seniors les plus âgés étaient les plus à risque. Les plus de 85 ans étaient 8,6 fois plus susceptibles de tomber que les 65-74 ans. Leur taux de mortalité en lien avec une chute était par ailleurs 29 fois plus élevé.

Autre constat : les chutes étaient plus nombreuses en hiver ainsi que dans les régions Grand Est, Normandie, Bretagne et Auvergne-Rhône-Alpes.

Pour les experts, la hausse importante des chutes et des décès observée entre 2019 et 2024 pourrait être le reflet d’une meilleure remontée des données et une sensibilisation des médecins au problème liées au lancement du plan national. Toutefois, les changements d’habitudes de vie de la population ne doivent pas être ignorés. L’évolution observée "reflète possiblement l’augmentation, dès la mi-vie, de l’inactivité physique et de la sédentarité avec un retentissement au fil de l’avancée en âge sur la masse et la force musculaire et un risque de chute accru. Entre 2006 et 2016, la proportion de femmes physiquement actives (atteignant les recommandations d’activités physiques aérobiques) a ainsi diminué en France. La pandémie de la Covid-19 a possiblement contribué à aggraver cette tendance soit directement en augmentant la fragilité des plus âgés infectés par le SARS-CoV-2, soit indirectement en augmentant encore davantage l’inactivité physique et la sédentarité du fait des mesures de distanciation sociale".

Séniors : les astuces pour prévenir les chutes

L’un des premiers "chantiers" à mener pour prévenir les chutes des personnes âgées est de repenser leur intérieur. Il faut libérer les lieux de passage et améliorer l’éclairage. "Ôtez les objets ou meubles gênants des espaces où vous circulez (ex. : couloirs). En particulier, fixez au mur les câbles et fils électriques (télévision, lampes) ou utilisez des range-fils (boîtiers de rangement des câbles)", conseille l’Assurance Maladie. Il est aussi recommandé d'éviter les tapis, les descentes de lit et les tapis de bain qui peuvent faire trébucher. Il est préférable de les enlever ou de leur préférer des modèles antidérapants. Il faut aussi privilégier le mobilier adapté et multiplier les points d’appui (lit rehaussé, fauteuil hauts, surélévateurs de chaise, barres d’appui dans la salle de bain ou les WC…). Il faut aussi veiller à avoir les objets du quotidien et les affaires préférées à portée de main.

Exercice physique et alimentation équilibrée peuvent prévenir le risque de chute

Avoir de bonnes chaussures est aussi un bon moyen de prévenir les chutes. Il faut privilégier celles sans lacets, fermées à l’arrière, qui maintiennent bien le pied et avec des semelles antidérapantes. Il faut bien sûr qu’elles soient à la bonne taille. L’exercice physique et une alimentation équilibrée riche en calcium et en vitamine D sont aussi des éléments essentiels – mais souvent oubliés – pour préserver sa santé, sa forme physique, sa souplesse et son équilibre.

Il peut être bon aussi d’apprendre à gérer les chutes. "Plus on arrive à se relever d’une chute, moins ses conséquences seront importantes. Il est donc recommandé de faire quelques exercices pour apprendre à se relever : à l’aide d’une chaise, vous pouvez vous agenouiller au sol, puis vous remettre debout. Il existe aussi des exercices pour apprendre à se remettre debout après être tombé. Entraînez-vous, en compagnie d’un proche", explique les autorités sur le site Pourbienvieillir.fr.

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

LES MALADIES