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Maladie intestinale

Césarienne : ses effets sur le microbiote diffèrent en fonction du sexe

Une étude de l’INRAE révèle que naître par césarienne a un impact sur le microbiote du nouveau-né, mais il diffère selon le sexe.

Césarienne : ses effets sur le microbiote diffèrent en fonction du sexe spukkato/istock




L'ESSENTIEL
  • Les effets de la césarienne sur le microbiote du nouveau-né sont différents en fonction du sexe, selon une étude de l'INRAE.
  • Une étude sur les souris montre que les mâles nés par césarienne ont une sensibilité accrue à l’inflammation du côlon et une barrière intestinale altérée.
  • Ils ont notamment plus de risque de souffrir de colite à l'âge adulte.

En France, près d’une femme sur cinq donne naissance à son enfant par césarienne. Cette opération sauve des vies, mais elle est aussi connue pour modifier la colonisation microbienne du nouveau-né, surtout dans les premiers jours. Des travaux ont par ailleurs montré que ces petits ne réagissent pas toujours de la même manière aux perturbations du microbiote ou de la barrière intestinale en grandissant. Ce qui a conduit les chercheurs de l’INRAE, à se demander s’il n’y avait pas un lien entre une naissance par césarienne et le risque de développer une maladie intestinale.

Leurs travaux, menés sur des souris et publiés dans la revue Gut Microbes, semblent confirmer ce lien pour les mâles.

Les mâles nés par césarienne ont plus de risque de souffrir de colite

L’équipe a suivi les rongeurs de leur naissance jusqu’à l'âge adulte. Elle surveillait l’évolution de leur microbiote et de leur barrière intestinale. Elle a alors remarqué que dans les tout premiers jours, les souris nées par césarienne présentent une signature immunitaire et microbienne distincte, quel que soit leur sexe. Par contre, des différences commencent à apparaître entre les mâles et les femelles tandis qu’ils grandissent.

"Ce sont uniquement les souris mâles nées par césarienne qui développent à l’âge adulte une sensibilité accrue à la colite (une inflammation du côlon, NDLR). Cette différence s’accompagne de modifications spécifiques du microbiote intestinal, notamment avec un excès précoce et un déficit plus tardif de bactéries capables de produire du butyrate (métabolite bactérien avec des implications santé)", expliquent les auteurs dans leur communiqué.

L’interaction du microbiote avec la barrière intestinale est également différente chez les rongeurs de sexe masculin nés par césarienne. Les chercheurs ont observé une altération de la résistance épithéliale. Ce qui indique une perméabilité altérée.

S’appuyer sur le sexe et la flore intestinale précoce pour prévenir les maladies intestinales

Face à leurs résultats, les scientifiques concluent que "le mode de naissance semble donc "programmer" des trajectoires microbiennes et immunitaires différentes selon le sexe, avec des conséquences visibles bien plus tard dans la vie". Ils appellent ainsi le monde médical à mettre en place des stratégies de prévention qui prennent en compte le sexe et l'état de la flore intestinale à la naissance.

L’équipe a prévu de poursuivre ses recherches, notamment pour comprendre l’impact du mode d’accouchement et du sexe sur le risque de développement d’autres pathologies, comme l’asthme.

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