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Risques psychosociaux au travail : 840.000 morts par an, selon l’OIT

Harcèlement, surmenage, précarité... Un rapport de l’Organisation internationale du travail alerte sur les conséquences graves des risques psychosociaux, entre maladies mentales et cardiovasculaires.

Risques psychosociaux au travail : 840.000 morts par an, selon l’OIT Jacob Wackerhausen / istock




L'ESSENTIEL
  • Les risques psychosociaux causent 840.000 décès par an dans le monde.
  • Certaines populations sont plus exposées en raison de conditions précaires.
  • Les transformations numériques aggravent la charge mentale au travail.

Stress, harcèlement, surcharge de travail : les risques psychosociaux seraient responsables de 840.000 décès par an dans le monde, selon un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), publié en amont de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail ce mardi 28 avril. Un chiffre alarmant qui interroge sur nos conditions de travail et leurs conséquences sur la santé.

Les risques psychosociaux (RPS) "regroupent le stress, les violences externes (insultes, incivilités, agressions…) et les violences internes (harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés…), rappelle l’Institut national de recherche et sécurité. Ils se traduisent par un mal-être au travail, un sentiment d’épuisement professionnel (burn-out) ou une souffrance mentale et/ou physique."

Des travailleurs inégalement exposés

Le rapport de l’OIT pointe cinq facteurs de RPS majeurs liés au travail : stress, durée excessive de travail, exposition au harcèlement, déséquilibre entre efforts et récompenses et précarité du travail. Selon les experts, ces facteurs entraînent "environ 840.000 décès annuels imputables" à des maladies cardiovasculaires (784 000) et des troubles mentaux (56 000), avec un coût économique annuel évalué à "1,37 % du PIB mondial". Des études montrent aussi "des liens constants entre les expositions psychosociales négatives au travail (...) et la santé mentale et cardiovasculaire".

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 35 % des travailleurs dépassent 48 heures hebdomadaires et 23 % déclarent avoir subi du harcèlement au cours de leur carrière. Pour Manal Azzi, experte à l’OIT, ces données reposent sur des "données scientifiques concernant le degré d’association entre ces risques et des conséquences graves pour la santé". A noter que certaines populations sont plus vulnérables. Les travailleurs précaires, les jeunes, les seniors ou encore les personnes immigrées sont particulièrement exposés. En cause : des conditions de travail plus instables ou exigeantes.

Le rôle des transformations numériques

Télétravail, intelligence artificielle, hyperconnexion… Le monde professionnel évolue rapidement. "Partout dans le monde, le milieu de travail sur le plan psychosocial connaît une profonde mutation", souligne l’OIT. Mais ces transformations ne sont pas sans effets. Communication excessive, messages hors horaires, surveillance accrue : autant de pratiques qui alourdissent la charge mentale. Avec pour résultat, une hausse de 14 % des années de vie en bonne santé perdues entre 2019 et 2021.

Face à ce constat, l’OIT appelle à agir. Elle recommande de produire des "données régulières, harmonisées et comparables à l’échelle internationale" et d’améliorer la coopération entre employeurs, salariés et autorités de santé.

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