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QUESTION D'ACTU

Hématurie

Ce signe trop souvent ignoré peut cacher un cancer de la vessie

À l’approche du mois de mai, dédié à la sensibilisation du cancer de la vessie, l'Association Française d'Urologie rappelle l’importance de prendre au sérieux la présence de sang dans les urines.

Ce signe trop souvent ignoré peut cacher un cancer de la vessie SewcreamStudio/iStock




L'ESSENTIEL
  • Le tabac est responsable d’une grande partie des cas de cancer de la vessie. Néanmoins, près d’un patient touché sur deux n’est pas fumeur.
  • Le signe principal du cancer de la vessie est la présence de sang dans les urines, "même ponctuel."
  • "Ce symptôme doit conduire à consulter, afin d’en rechercher rapidement la cause et d’orienter si besoin le patient vers un urologue."

Près de 20.000. C’est le nombre de nouveaux cas de cancer de la vessie diagnostiqués chaque année en France. Cette maladie, qui est le deuxième cancer urologique chez l’homme le plus fréquent après celui de la prostate, est encore méconnue du grand public, selon l'Association Française d'Urologie. "Or, le pronostic n’est pas le même selon le moment où la maladie est repérée : diagnostiqué tôt, à un stade localisé, ce cancer présente une survie à 5 ans d’environ 73 %, à un stade métastatique, elle tombe drastiquement", Olivier Zambelli, président d’Astellas Pharma France, qui collabore avec l’AFU.

"Le principal facteur de risque du cancer de la vessie est le tabac"

À l’occasion du mois de sensibilisation au cancer de la vessie, qui débutera en mai, le professeur Yann Neuzillet, urologue et vice-président de l’Association Française d’Urologie, souligne l’importance d’une meilleure information pour favoriser une détection et un diagnostic plus précoce. Pour cela, les Français doivent mieux identifier la maladie, notamment ses facteurs. "Le principal facteur de risque du cancer de la vessie est le tabac, qu’il s’agisse du tabagisme actif ou passif. Certaines expositions professionnelles aux amines aromatiques peuvent aussi augmenter le risque, même si elles sont aujourd’hui mieux encadrées. Plus exceptionnellement, l'exposition à l'acide aristolochique, à l'arsenic dans l'eau de boisson et à certaines parasitoses (bilharziose) favorise également les cancers de la vessie", indique le spécialiste. Cependant, il précise que près d’un patient sur deux n’est pas fumeur. "L'exposition de plus en plus fréquente à des drogues telles que la résine de cannabis ou la kétamine peuvent également favoriser les dysfonctionnements vésicaux et notamment les cancers."

Sang dans les urines, un symptôme du cancer de la vessie à ne pas négliger

Yann Neuzillet alerte également sur la nécessité de connaître les symptômes du cancer de la vessie. Parmi les premiers signes, on retrouve la présence de sang dans les urines, aussi appelé hématurie, qui est souvent sous-estimée. "Même ponctuel, ce symptôme doit conduire à consulter, afin d’en rechercher rapidement la cause et d’orienter si besoin le patient vers un urologue. D’autres troubles urinaires peuvent également alerter, comme des envies fréquentes d’uriner, des brûlures ou des douleurs vésicales, surtout s’ils se répètent sans infection identifiée", indique le spécialiste.

Le professeur explique qu’après avoir signalé ses symptômes, le parcours commence généralement par des examens simples, notamment une échographie de l’appareil urinaire. "Si celle-ci ne suffit pas à expliquer les symptômes, l’urologue réalise une fibroscopie vésicale, un examen qui permet d’observer directement l’intérieur de la vessie et de repérer une éventuelle tumeur. Si une tumeur est détectée, une intervention par les voies naturelles, appelée résection endoscopique, est le plus souvent réalisée. Elle permet à la fois de retirer le maximum de tumeur, de préciser son stade et son agressivité, et d’initier le traitement."

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