- Le test sanguin mesurant l'ADN tumoral circulant peut prédire le risque de métastases chez un patient touché par un cancer de la vessie.
- Il pourrait aussi pourrait être utilisé pour aider à sélectionner les patients susceptibles de bénéficier d'une approche thérapeutique préservant la vessie.
- L'association d'une chimiothérapie et d'une immunothérapie est par ailleurs plus efficace que la chimiothérapie seule.
La cystectomie – l’ablation partielle ou totale de la vessie – est l’une des premières options thérapeutiques face au cancer de la vessie, surtout en cas des tumeurs infiltrantes. Toutefois, certains patients peuvent être soignés sans passer par le bloc opératoire.
Des chercheurs de Temple University ont mis au point un test sanguin capable de prédire quels patients souffrant d’un cancer de la vessie n’ont pas besoin de chirurgie. Il a été présenté lors du congrès annuel d’American Society of Clinical Oncology (ASCO 2026) qui s’est tenu à San Francisco du 26 au 28 février.
Cancer de la vessie : l’ADN tumoral circulant peut aider à repérer les patients n’ayant pas besoin d’une opération
Lors de l’essai clinique de phase 2 RETAIN-2, l’équipe s’est penchée sur l’ADN tumoral circulant (ADNct). Il s'agit des petits fragments d'ADN laissés par les cellules cancéreuses à mesure qu'elles meurent pendant le traitement. En l’observant, les scientifiques ont remarqué que les patients touchés par un cancer de la vessie infiltrant le muscle qui avaient un taux élevé d’ADNct dans le sang, avaient un risque plus important de métastases.
L'étude a également montré que l'absence d'ADNct prédisait un résultat favorable pour le patient, que sa vessie ait été retirée ou non. Par ailleurs, l'association d'une chimiothérapie et d'une immunothérapie présentait de meilleurs résultats que la chimiothérapie seule lorsque l'objectif était de préserver la vessie.
Selon les chercheurs, le taux d'ADNct, évalué via un bilan sanguin, pourrait aider à déterminer si l’opération chirurgicale serait bénéfique ou non aux malades. En revanche, il ne permet pas de se prononcer sur le risque de récidive locale.
"Cela nous indique que l'ADNct peut être intégré dans la prise de décision sur qui devrait conserver sa vessie et qui ne devrait pas, sachant que nous avons aussi besoin de tests ou de biomarqueurs supplémentaires pour détecter la récidive locale à un stade précoce chez les patients qui subissent une surveillance active", explique la Dr Pooja Ghatalia, une des auteures de l’étude, dans un communiqué.
Un outil pour déterminer le meilleur traitement
"La préservation de la vessie est une priorité absolue pour les patients traités pour un cancer de la vessie. L'ablation de la vessie augmente non seulement le risque de complications, mais elle oblige aussi les patients à porter une poche à urine à vie, ce qui altère considérablement leur qualité de vie", souligne la chercheuse.
Ainsi, cette découverte représente une avancée importante dans la prise en charge des patients souffrant d’un cancer de la vessie. Elle pourrait aider les professionnels de santé à identifier précisément les patients pouvant bénéficier d’une approche médicamenteuse et ceux qui nécessitent encore une cystectomie.



