• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Hôpitaux

Maladies nosocomiales, erreurs médicales... Faut-il s’inquiéter de la qualité des soins ?

Un rapport de la Cour des comptes alerte sur les failles du système hospitalier français. Entre infections nosocomiales et erreurs médicales sous-déclarées, la qualité des soins reste insuffisante, selon l'institution.

Maladies nosocomiales, erreurs médicales... Faut-il s’inquiéter de la qualité des soins ? gorodenkoff / istock




L'ESSENTIEL
  • Les maladies nosocomiales causent plus de décès que la route en France.
  • De nombreuses erreurs médicales restent non déclarées.
  • La Cour des comptes appelle à réformer l’évaluation des soins.

Et si se faire soigner comportait plus de risques qu’on ne l’imagine ? En France, les maladies nosocomiales, c’est-à-dire contractées lors d’un séjour à l’hôpital, causent désormais plus de décès que les accidents de la route, selon un rapport de la Cour des comptes dévoilé lundi 27 avril. Derrière ce constat choc, c’est toute la question de la qualité des soins qui est posée.

Des erreurs médicales trop peu déclarées

Chaque année, 13 millions de patients sont pris en charge dans 2.965 établissements de santé. Pourtant, la Cour des comptes alerte : la "non-qualité" constitue un "enjeu majeur". En s’appuyant sur des données de l’OCDE, l'institution indépendante, chargée de contrôler tous les organismes recevant de l'argent public, estime que les préjudices évitables (réhospitalisations, indemnisations...) coûtent plus de 11 milliards d’euros, et les soins "inutiles ou à faible valeur", 22 milliards. Les infections nosocomiales illustrent cette dérive : elles provoquent environ 4.000 décès par an et génèrent entre 2,2 et 5,2 milliards d’euros de coûts. Des chiffres qui, selon les experts, restent probablement sous-estimés.

Autre point noir : le manque de transparence. Plus d’un tiers des événements indésirables graves – erreurs médicales, infections ou complications postopératoires – pourraient être évités. Mais ils sont rarement signalés : en 2024, un peu plus de 7.000 déclarations pour des événements indésirables ont été enregistrées, alors que le nombre réel serait 20 à 50 fois supérieur, estime la Cour des comptes. Cela inclut des situations graves comme un objet oublié dans le corps d’un patient, une erreur de traitement ou encore une maladie nosocomiale.

Face à cela, les magistrats réclament des sanctions financières pour les établissements qui ne respectent pas l’obligation de déclaration, ainsi qu’un renforcement de la formation à la sécurité des soins.

Repenser l’évaluation des hôpitaux

Au-delà des incidents, c’est le fonctionnement global du système qui est interrogé. Les critères d’évaluation actuels sont jugés trop centrés sur les "processus hospitaliers", alors que seulement 10 % évaluent les résultats concrets pour les patients. La Cour propose donc d’intégrer de nouveaux indicateurs, notamment leur ressenti (les symptômes ont-ils disparu ? La qualité de vie est-elle améliorée?...).

L’institution souligne aussi des écarts avec d’autres pays européens : certains seuils de pratique, notamment, sont jugés trop bas, limitant l’expérience des équipes médicales. Par exemple, pour opérer un cancer du sein du France, il suffit de réaliser au moins 70 interventions par an. Ailleurs, en Europe, le seuil est fixé à 150 opérations minimum an, ce qui permet aux équipes d'être plus expérimentées.

Enfin, concernant les certifications accordées par la Haute Autorité de Santé, près 12 % des établissements ne sont pas certifiés ou "sous conditions", ce qui interroge sur le contrôle réel de la qualité.

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

LES MALADIES