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QUESTION D'ACTU

Changement climatique

Les températures extrêmes menacent la santé cardiovasculaire

Les vagues de chaleur et les périodes de grand froid sont associées à une augmentation des événements cardiovasculaires. 

Les températures extrêmes menacent la santé cardiovasculaire Maksim Safaniuk/istock




L'ESSENTIEL
  • Les vagues de chaleur et celles de froid sont associées à une augmentation des évènements cardiovasculaires.
  • Il s'agissait notamment des infarctus du myocarde, des accidents vasculaires cérébraux et des décès d'origine cardiovasculaire.
  • La pollution atmosphérique accentue ces effets.

Les évènements climatiques extrêmes nuisent à la santé. Des chercheurs l’ont démontré dans deux études, présentées lors du Congrès annuel de l’Association européenne de cardiologie préventive, qui s’est déroulé les 25 et 26 avril en Slovénie. Leurs résultats montrent que le changement climatique, caractérisé par les vagues de froid et de chaleur, est associé à une hausse des évènements cardiovasculaires, comme les infarctus du myocarde ou les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Cet effet est accentué en cas de pollution atmosphérique. 

Une hausse des évènements cardiovasculaires lors des événements climatiques extrêmes

"Le changement climatique est à l'origine d'événements météorologiques extrêmes, pourtant les climats tempérés restent insuffisamment étudiés, souligne le professeur Lukasz Kuzma de l'Université de médecine de Białystok, en Pologne, co-auteur de ces travaux. La Pologne connaît actuellement des vagues de chaleur sans précédent, qui s'ajoutent aux vagues de froid déjà existantes. Nous avons évalué les impacts sanitaires aigus de ces températures extrêmes."

Avec son équipe, ils ont utilisé les données de plus de huit millions de personnes, habitant dans l’Est de la Pologne. L’équipe scientifique a recensé les épisodes de canicules et les vagues de froid, tout en travaillant sur les hospitalisations et la mortalité. "Le critère d'évaluation principal, à savoir les événements cardiovasculaires et cérébrovasculaires indésirables majeurs (ECCIM), comprenait les décès d'origine cardiovasculaire, les infarctus du myocarde (…) et les accidents vasculaires cérébraux ischémiques", indiquent-ils. 

Au total, plus de 573.000 ECCIM, plus de 377.000 décès d’origine cardiovasculaire et plus de 830.000 décès toutes causes confondues ont été recensés. "Les canicules et les vagues de froid ont toutes deux été associées à une augmentation significative du nombre d'événements, mais selon des profils temporels distincts", notent les auteurs. Les canicules ont eu un effet immédiat : le jour-même de la vague de chaleur, les ECCIM augmentaient de 7,5 % en moyenne et les décès d’origine cardiovasculaire de 9,5 %. "Les vagues de froid ont produit un effet retardé et plus durable, le risque d'événements cardiovasculaires majeurs (MACCE) passant de 4 % à 5,9 % plusieurs jours après l'exposition, et le risque de décès cardiovasculaire de 4,7 % à 6,9 %", poursuivent-ils. 

La pollution atmosphérique augmente le risque cardiovasculaire 

Par ailleurs, les scientifiques ont constaté que l’exposition à la pollution atmosphérique avait un effet amplificateur sur ces événements extrêmes. La deuxième étude présentée lors du Congrès était consacrée aux effets à court et long terme de la pollution atmosphérique sur les événements cardiovasculaires. "Une augmentation mensuelle de l'exposition à la pollution atmosphérique était associée à une hausse des ECVM pouvant atteindre 10 %, et ces effets étaient environ 5 % plus importants chez les femmes que chez les hommes et environ 9 % plus importants chez les personnes de moins de 65 ans que chez celles de plus de 65 ans."

Dérèglement climatique et santé : l'Europe du Nord est aussi concernée 

Pour le Dr Anna Kurasz, autrice principale de la deuxième étude présentée, si la pollution atmosphérique est reconnue comme un facteur de risque cardiovasculaire majeur, ses effets restent encore sous-estimés. "Nos conclusions soulignent clairement la nécessité de politiques de santé publique coordonnées visant à réduire la pollution atmosphérique, ainsi que d'approfondir les recherches sur les populations les plus touchées et les mécanismes en cause", conclut-elle. Pour le professeur Kuzma, ces travaux apportent un éclairage nouveau sur les effets du dérèglement du climat. "Nos résultats soulignent que les problèmes liés au changement climatique touchent désormais l'Europe du Nord", complète-t-il. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le phénomène pourrait entraîner près de 250.000 décès supplémentaires chaque année, entre 2030 et 2050. 

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