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D'ici 2100

Climat : les vagues de chaleur meurtrières vont s'intensifier

Si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas, les décès attribués aux vagues de fortes chaleurs se multiplieront.

Climat : les vagues de chaleur meurtrières vont s'intensifier Javier Cebollada/SIPA

  • Publié 20.06.2017 à 12h55
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L’enfer sur terre. C’est un peu ce que l’on se dit quand on sort de chez soi, ou qu’on s’engouffre dans le bus ou le métro, depuis quelques jours en France. Si cet épisode caniculaire devrait prendre fin d’ici la fin de la semaine, d’autres suivront, promet une étude parue dans Nature Climate Change. Sous l’effet du réchauffement climatique, trois quarts de la population mondiale seront exposés à des vagues de chaleur meurtrières d’ici 2100, contre un tiers aujourd’hui.

« Nous commençons à être court de solutions pour le futur, alerte le Pr Camilo Mora, responsable des travaux et professeur au collège des sciences sociales de l’université d’Hawaii. Concernant les vagues de chaleur, les options sont soit mauvaises soit terribles. De nombreuses personnes dans le monde en payent déjà le prix fort, et alors que nos modèles prédisent que cela va continuer, cela pourrait être bien pire si nos émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas ».


Seuil critique de température et humidité

L’équipe du Pr Camilo Mora a dressé ce constat accablant après avoir étudié plus de 780 canicules meurtrières enregistrées depuis 1980 dans 164 villes de 36 pays du monde. Ils ont notamment analysé la canicule de 2003 qui a frappé l’Europe pendant plus d’un mois. Quelque 70 000 morts ont été recensés cet été là, dont plus de 15 000 en France. Ou encore, la canicule de 2010 à Moscou qui a fait 10 000 morts.

Ces données ont ensuite été croisées avec les relevés météorologiques enregistrés lors de ces vagues de chaleur. Ceux-ci comprennent notamment la température de l’air, le taux d’humidité ou encore la vitesse du vent.

Les chercheurs ont alors déduit que la mortalité attribuée à la canicule est surtout liée au couple humidité-température. A de forts taux d’humidité, un mercure proche de 30 °C peut être létal, expliquent-ils. « Trouver un seuil au-delà duquel les conditions climatiques peuvent devenir meurtrières est scientifiquement important mais effrayant, relève Farrah Powell, l’une des auteurs de l’étude. Ce seuil nous permet maintenant d’identifier les conditions dangereuses pour la population ».

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Les zones tropicales fortement affectées

L’équipe a notamment estimé que 30 % de la population mondiale connaît ces conditions pendant au moins 20 jours par an. Une proportion qui augmentera fortement dans 80 ans si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas revues à la baisse, selon les modélisations des chercheurs. Ils prédisent par exemple qu’en 2100 à New York, les températures et l’humidité dépasseront le seuil au moins 50 jours par an. Leur modélisation prédit que les habitants des régions tropicales seront les plus touchés, car ces dernières sont naturellement plus humides et chaudes que le reste du globe.

Un scénario catastrophe qui devrait se produite même si l’Accord de Paris est respecté et que le réchauffement climatique est limité à 2 °C. Dans ce cas, la proportion de la population concernée par ces coups de chaleur meurtriers serait cependant un peu réduite.

« Le changement climatique a placé l’humanité sur un chemin qui devient de plus en plus dangereux et difficile à inverser, notamment si la question des gaz à effet de serre n’est pas prise plus au sérieux. Le retrait de l’Accord de Paris est un pas dans la mauvaise direction. Il retarde un problème inévitable alors qu’il n’y a plus aucun temps à perdre », s'emporte le Pr Mora.

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