- Des chercheurs ont identifié 16 biomarqueurs des troubles du stress post-traumatique.
- Ils peuvent être repérés lors d'analyses de laboratoire de routine.
- Cela pourrait faciliter le diagnostic et la prise en charge du TSPT.
Les troubles du stress post-traumatique (TSPT) se développent après une exposition à un événement extrêmement traumatisant comme un accident, une agression, une catastrophe naturelle ou un attentat. Ces derniers n’apparaissent pas toujours immédiatement et il n’est pas toujours simple de les repérer. Mais cela pourrait bientôt changer.
Des chercheurs du Mass General Brigham ont identifié des biomarqueurs sanguins associés au TSPT. Ce qui pourrait permettre de le repérer avec des analyses de laboratoire standards.
Trouble du stress post-traumatique : 16 biomarqueurs identifiés
Pour mieux comprendre l’impact du stress post-traumatique sur l'organisme, les chercheurs ont analysé les données de 23.743 participants. Ils ont estimé leur risque génétique de développer un TSPT à partir de plusieurs variants génétiques associés ainsi que leur risque clinique à partir de leurs dossiers médicaux.
L’équipe a ainsi observé 16 marqueurs cliniques associés de manière constante à la fois au risque génétique et aux antécédents de diagnostic du trouble. "Ces biomarqueurs incluent les taux de cholestérol et de glucose, ainsi que des indicateurs hépatiques tels que l'albumine et la bilirubine, en plus des numérations de globules rouges et blancs et d'autres analyses de laboratoire courantes", expliquent les auteurs dans leur communiqué.
"Notre étude révèle un point important : le syndrome de stress post-traumatique pourrait entraîner des modifications physiques importantes affectant la santé cardiométabolique, immunitaire et hépatique, ce qui indique qu’il contribue en amont à ces profils de biomarqueurs défavorables", indique Younga Heather Lee, auteure principale de l’étude parue dans Molecular Psychiatry.
Des analyses génétiques complémentaires ont conforté l'hypothèse selon laquelle le TSPT induit probablement des modifications de ces biomarqueurs, plutôt que l'inverse.
De nouveaux tests pour valider l’outil de diagnostic
L’ensemble de biomarqueurs liés au trouble post traumatique révélés par l’étude sont mesurables grâce à des tests sanguins fréquemment réalisés en médecine générale. "L’identification de biomarqueurs sanguins exploitables à grande échelle pourrait permettre d’orienter des interventions précoces visant à atténuer le risque de maladies chroniques, ce qui pourrait à terme améliorer la santé des patients atteints de TSPT", souligne l’experte.
"Cet impact multisystémique nous aide à comprendre pourquoi le TSPT non traité peut avoir des effets aussi dévastateurs sur la santé globale des patients. Il souligne l'importance de passer d'un traitement isolé du touble du stress post-traumatique à une prise en compte de ses effets sur l'ensemble du corps", ajoute-t-elle.
La scientifique et son équipe ont prévu de poursuivre leurs travaux pour vérifier que leurs résultats sont aussi observés dans des populations plus vastes et plus diversifiées. Ce qui permettra de valider l’usage des analyses de laboratoire comme outil de diagnostic.



