- Préparer sa consultation, en listant ses symptômes et en notant ses questions, permet de "mener la conversation et d’aiguiller le spécialiste vers une maladie."
- Durant le rendez-vous, il faut oser poser ses questions, sans aucune gêne, et demander des explications supplémentaires si besoin. "En tant que médecin, on est habitué à tout voir et tout entendre."
- Un deuxième avis médical est nécessaire si "l’état de la patiente ne s’améliore pas" et que "le gynécologue ne modifie pas sa prise en charge" ou "ne l’oriente pas vers un autre spécialiste."
- Pourquoi Docteur : Plusieurs femmes ayant reçu un diagnostic de maladies gynécologiques (endométriose, syndrome de congestion pelvienne, fibrome, SOPK…), après de nombreuses années d'errance médicale, témoignent de mauvaises expériences avec des gynécologues qui sous-estiment, voire même écartent leurs douleurs, ou ne les informent pas suffisamment sur leurs troubles. Alors, comment bien choisir son spécialiste ?
Alena Majdling : En effet, la douleur pendant les règles a longtemps été banalisée, mais les choses sont en train de changer. Les médecins sont plus en plus formés et sensibilisés à ces questions. Ils sont donc plus à l'écoute.
Pour bien choisir son gynécologue, il n'existe pas vraiment de règle. Il faut en essayer plusieurs. Si l'on ne se sent pas à l'aise, qu'il n'y a pas un minimum de confiance, car les sujets touchent à l'intime, la patiente doit voir un autre spécialiste. Un changement de praticien est aussi nécessaire si ce dernier ne prend pas le temps d'expliquer sa prise en charge, n'agit pas avec douceur et bienveillance. Un gynécologue doit toujours être à l'écoute de la patiente et de ses symptômes.
"Il est primordial que les patients préparent leur consultation"
- Avant de se rendre à une consultation, faut-il la préparer ?
À l'ère d'Internet, en particulier des réseaux sociaux et de l'intelligence artificielle, il est primordial que les patients préparent leur consultation pour faciliter la communication avec le médecin et tirer le maximum du temps passé avec celui-ci.
Cela peut inciter le praticien à explorer les pistes évoquées ensemble et chaque échange doit se faire dans le respect et l'écoute dans les deux sens.
- Comment formuler ses ressentis ou ses douleurs pour être pris au sérieux ?
Il est parfois dur d'exprimer ce que l'on ressent ou vit. C'est pourquoi il est essentiel de lister ses symptômes sur une feuille ou d'indiquer, par exemple, la durée de ses règles sur une application. Ces outils peuvent aider le gynécologue à mieux comprendre les troubles de la patiente.
"Lorsqu'une information n'est pas claire, les patients doivent oser redemander"
- Que faire si l'on se sent intimidée ou jugée pendant un rendez-vous ?
En consultation, il n'y pas de sujets tabous. En tant que médecin, on est habitué à tout voir et tout entendre. Si les patientes ont du mal à mettre des mots sur leurs problèmes gynécologiques, elles peuvent le faire par un moyen détourné.
Lorsqu'une information n'est pas claire, les patientes doivent oser redemander. Durant l'examen pelvien, elles ne doivent pas avoir peur de dire qu'elles ont mal. Ces signes peuvent aider un médecin à se rendre de ce qu'il fait de bien ou de mal.
- Peut-on demander à son médecin de prescrire certains examens ?
Bien sûr, il n’y a aucun problème à le demander. Cependant, si ce dernier n'est pas indiqué, comme c'est le cas parfois pour le frottis, le médecin doit expliquer à la patiente pourquoi celui-ci n'est pas indiqué afin de la rassurer.
"Demander un deuxième avis médical si le gynécologue ne modifie pas sa prise en charge"
- Comment reconnaître quand un avis médical est insuffisant ?
En cas de symptômes particuliers, si le gynécologue ne modifie pas sa prise en charge, qu'il n'oriente pas la patiente vers un autre spécialiste et qu'aucune solution n'est apportée, il convient de demander un deuxième avis médical. De même si l'état de la patiente ne s'améliore pas, que ses questions sont laissées sans réponses ou que les réponses sont toujours les mêmes, il faut changer de médecin et ne pas rester avec sa souffrance.
- Comment changer de médecin sans culpabiliser ?
Une patiente ne doit jamais culpabiliser. Si elle ressent le besoin de changer de médecin, le spécialiste aura sans doute de son côté ressenti un manque de confiance. Il n'y verra donc pas d'inconvénients et n'en voudra pas à sa patiente.




