C’est une carence fréquente, mais dont les effets peuvent être graves. L’anémie est liée à un manque d’hémoglobine : elle provoque de la fatigue, une pâleur, parfois des maux de tête. Ses trois principales causes sont la carence en fer, celle en vitamine B12 et celle en vitamine B9. En l’absence de traitement, elle peut avoir des effets sur la santé cardiaque et pulmonaire. Selon une recherche récente, l’anémie serait aussi associée à une augmentation du risque de démence. Dans JAMA, ses auteurs, des chercheurs suédois, présentent leurs résultats.
Anémie : un lien entre un faible taux d'hémoglobine et le risque de démence
Leurs travaux sont basés sur le suivi à long terme de plus de 2.000 adultes de 60 ans et plus, sans antécédents de démence. Au début de l'étude, l'équipe a mesuré les taux d'hémoglobine et les biomarqueurs associés aux maladies neurodégénératives chez tous les participants. Tous les 3 à 6 ans, de nouveaux examens ont été réalisés pour observer l'évolution de leur santé. L’analyse de ces données montre que les personnes souffrant d'anémie au départ avaient 66 % de risque supplémentaire de développer une démence par la suite. "Les données ont également mis en évidence un lien étroit entre un faible taux d'hémoglobine et des concentrations élevées de biomarqueurs sanguins associés à la maladie d'Alzheimer, notamment des protéines liées aux lésions et à l'inflammation des cellules cérébrales", complètent les auteurs.
Anémie et démence : un défaut d'oxygénation du cerveau en cause ?
Selon eux, cette corrélation pourrait être liée à la baisse de l’oxygénation du cerveau. Chez les personnes anémiques, les taux d’hémoglobine dans le sang sont bas. "Cette substance est présente dans les globules rouges du sang, précise l’Assurance Maladie. Elle leur permet de transporter l’oxygène vers tous les organes du corps." D’après les chercheurs suédois, la diminution de l'apport d'oxygène au cerveau pourrait déclencher un stress prolongé sur les cellules cérébrales, endommager les vaisseaux sanguins et conduire progressivement à la perte de neurones. "Ceci est corroboré par des études d'imagerie montrant une réduction du volume cérébral et des signes de lésions tissulaires chez les personnes anémiques", précisent-ils.
Détecter l'anémie pour réduire le risque de démence
Selon eux, ces travaux démontrent que l'anémie pourrait fragiliser le cerveau et ainsi déclencher l'apparition plus précoce des signes de démence ou des lésions cérébrales sous-jacentes. Pour les auteurs, ce faible taux d’hémoglobine pourrait devenir un facteur de risque modifiable pour la démence, tout en devenant l’un des critères d’évaluation du risque. "Des études à long terme supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si le dépistage et le traitement de l'anémie peuvent contribuer à prévenir le déclin cognitif", préviennent-ils toutefois.



