- Le stress et les repas tardifs augmentent les troubles digestifs.
- Le microbiote intestinal semble également affecté.
- Adopter des horaires réguliers pourrait améliorer la digestion.
Le stress chronique est déjà reconnu pour perturber le transit intestinal, provoquant diarrhée ou constipation. Mais ce que l’on sait moins, c’est que le moment des repas pourrait aggraver ces troubles digestifs. "Ce n’est pas seulement ce que vous mangez, mais quand vous le mangez", affirme la Dre Harika Dadigiri, médecin au New York Medical College, aux Etats-Unis.
Dans son étude qui doit être présentée lors du Digestive Disease Week (DDW), organisé du 2 au 5 mai à Chicago, la chercheuse révèle que manger tard le soir - un facteur de risque déjà connu de maladies chroniques - pourrait amplifier les effets du stress chronique sur l’intestin, avec des conséquences mesurables sur le microbiote.
Manger tard, digérer mal
Stress, grignotage nocturne et digestion difficile : voilà le trio pointé du doigt. En analysant les données de plus de 11.000 participants de la National Health and Nutrition Examination Survey, les scientifiques ont observé que les personnes cumulant un stress élevé et une consommation de plus de 25 % de leurs calories après 21 heures étaient 1,7 fois plus susceptibles de souffrir de troubles intestinaux.
Ces résultats sont renforcés par l’American Gut Project, portant sur plus de 4.000 participants. Les volontaires stressés qui mangeaient tard le soir étaient 2,5 fois plus nombreux à signaler des problèmes digestifs. Leur microbiote intestinal présentait également une diversité réduite. Or, on sait maintenant qu’un déséquilibre du microbiote est associé à un risque accru de maladies inflammatoires et de cancer colorectal notamment.
Chrononutrition et crème glacée
D’après les chercheurs, ce phénomène pourrait s’expliquer par l’axe intestin-cerveau, un système complexe reliant le système nerveux, les hormones et les bactéries intestinales. "Lorsque nous sommes déjà stressés, le moment des repas peut infliger un 'double coup' à la santé intestinale", précise la Dre Dadigiri dans un communiqué.
Les auteurs précisent que cette étude reste observationnelle et qu’elle ne prouve pas de lien de causalité. Mais elle s’inscrit dans un champ en plein essor, la chrononutrition, qui étudie l’influence du rythme circadien sur le métabolisme. La Dre Dadigiri appelle à changer certaines de nos habitudes, sans se priver pour autant : "Je ne suis pas la police de la crème glacée. Tout le monde peut en manger – mais peut-être plutôt un peu plus tôt dans la journée..."



