- Même une faible consommation d’alcool est associée à des risques pour la santé.
- Deux verres par jour augmentent le risque de décès prématuré lié à l’alcool.
- Aucun effet protecteur global de l’alcool n’a été observé par les chercheurs.
Parfois présenté comme acceptable lorsqu’il est bu avec modération, l’alcool comporterait en réalité des risques dès les faibles niveaux de consommation. C’est la conclusion d’une vaste étude publiée dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs, qui remet en question certaines idées reçues sur les effets protecteurs de l’alcool.
Deux verres par jour : un seuil qui n’est pas sans conséquence
Pour évaluer l’impact réel de l’alcool sur la santé, des chercheurs américains et canadiens ont passé en revue plus de 7.200 articles scientifiques consacrés aux maladies et blessures liées à l’alcool. Les données ont ensuite été croisées avec de grands ensembles de données de santé nationales américaines, avant d’être intégrées à des modèles statistiques. "Cette étude fournit les estimations les plus complètes à ce jour aux États-Unis des risques de mortalité et de morbidité attribuables à l’alcool tout au long de la vie", explique Katherine M. Keyes, professeure d’épidémiologie à la Columbia University Mailman School of Public Health, dans un communiqué. Elle ajoute qu’"aucun effet protecteur de la consommation d’alcool n’a été observé, même à faible niveau".
Les auteurs ont cherché à apporter des repères chiffrés, alors que les nouvelles recommandations alimentaires américaines se contentent d’encourager à limiter l’alcool sans préciser de quantité. Or, leurs résultats montrent que deux verres par jour – soit les repères de consommation préconisés en France depuis 2017 – sont associés à une augmentation significative du risque de décès prématuré lié à l’alcool. "Même de faibles niveaux de consommation d’alcool comportent des risques pour la santé, souligne Kevin Shield, professeur à l’Université de Toronto. Et ce risque continue d’augmenter à mesure que la consommation s’élève."
Cancer, maladies cardiovasculaires et atteintes du foie
Les chercheurs ont étudié l’influence de l’alcool sur de nombreuses pathologies : cancers de l’œsophage, de la bouche ou du sein, maladies cardiovasculaires, maladies du foie et traumatismes liés aux accidents. Certes, de faibles consommations pourraient être associées à une légère réduction du risque de cardiopathie ischémique ou d’accident vasculaire cérébral. Mais, lorsqu’on prend en compte l’ensemble des maladies liées à l’alcool, ces bénéfices potentiels sont dépassés par les risques, y compris à partir de sept verres par semaine.
Les auteurs rappellent toutefois que le risque individuel dépend aussi d’autres facteurs, comme la génétique, le mode de vie ou les habitudes de consommation. D’autres recherches sont également nécessaires pour mieux comprendre les liens entre l’alcool et certaines maladies émergentes, notamment le cancer du pancréas.



