- Plus de soixante maladies sont attribuables à 100 % à la consommation d'alcool.
- L'alcool est aussi partiellement responsable de plusieurs maladies infectieuses comme les IST ou le VIH.
- Certains dommages causés par l'alcool sont réversibles en réduisant la boisson ou en arrêtant de boire.
L’alcool est mauvais pour la santé… Cela ne fait plus aucun doute au vu de la littérature médicale. Et nous pouvons même désormais lister précisément le nombre de maladies causées par la consommation de boissons alcoolisées grâce à des chercheurs de la Harvard T.H. Chan School of Public Health (USA). Leurs travaux ont été publiés dans la revue Addiction le 13 mai 2026.
L’alcool est à l’origine de 62 maladies
Afin d'actualiser les connaissances sur les conséquences de la consommation d’alcool, les chercheurs ont repris près d’une centaine d’études et méta-analyses sur le sujet. En s’appuyant sur les 10e et 11e Classification internationale des maladies de l’OMS, les chercheurs ont découvert que 62 maladies sont entièrement imputables à la consommation d’alcool. Le plus souvent excessive, mais pas seulement... On peut entre autres citer la cardiomyopathie alcoolique (maladie cardiaque), la cirrhose et le syndrome d'alcoolisation fœtale.
Par ailleurs, la boisson est aussi mise en cause, au moins partiellement, dans de dizaines de troubles :
- Les maladies infectieuses, notamment la tuberculose, la pneumonie, le VIH/SIDA et d'autres maladies sexuellement transmissibles. "L'alcool endommage la fonction hépatique et affaiblit les réponses immunitaires, ce qui rend les gens plus sensibles aux infections", expliquent les auteurs dans leur communiqué.
- Les maladies non infectieuses comme le diabète de type 2, les accidents vasculaires cérébraux, la pancréatite, la démence et divers cancers (bouche, pharynx, larynx, œsophage, côlon, rectum, foie, sein, col de l’utérus).
- Les blessures liées à des accidents : "l'alcool nuit à l'équilibre, au temps de réaction et au jugement, même à de faibles niveaux de consommation, ce qui augmente le risque de blessures. Le risque de blessure dépend à la fois de la quantité consommée et de facteurs contextuels tels que l'environnement, l'activité et la consommation d'autres substances. L'alcool augmente le risque d'accidents de la route, de chutes et de violence - y compris les dommages causés aux autres", précise l’équipe.
Alcool et maladies : peut-on inverser les dommages ?
Certains de ces troubles liés à l'alcool peuvent être inversés, précisent les auteurs. Les risques de blessures ou d'infections sexuellement transmissibles sont principalement présents que pendant la période d’alcoolisation, par exemple.
De plus, l’alcool affaiblit temporairement le système immunitaire, mais les scientifiques soulignent qu'une "forte consommation à long terme peut causer des dommages durables". Ils ajoutent que de nombreuses maladies chroniques liées à l'alcool, telles que la cirrhose et les maladies cardiaques, ne sont pas entièrement réversibles.
Cela ne doit pas décourager les personnes qui souhaitent prendre en main leur consommation d’alcool. Une réduction peut "ralentir la progression de la maladie, même si certains dommages subsistent. Certains dommages cardiovasculaires s'améliorent en quelques jours ou quelques semaines d'abstinence". Il en est de même pour les lésions cérébrales.
"Il est généralement préférable de consommer moins d’alcool à tous les stades, même après l'apparition des premiers signes de la maladie, et que certains effets néfastes peuvent s'atténuer lorsque les personnes réduisent ou cessent de boire", expliquent les auteurs de l’étude Sinclair Carr et Jürgen T. Rehm au site Healio.
"Notre analyse des données actuelles sur les effets de l'alcool sur la santé aboutit à une conclusion prudente, mais sans équivoque : l'alcool est une cause majeure de maladies et de blessures, et ses méfaits l'emportent sur ses éventuels bienfaits", ajoute Sinclair Carr.


