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Binge drinking

Alcool : ces dégâts liés à une consommation même occasionnelle

Attention aux excès du week-end : boire beaucoup d’alcool en une seule occasion, même rarement, augmente fortement le risque de lésions du foie, selon des chercheurs.

Alcool : ces dégâts liés à une consommation même occasionnelle Rawpixel / istock




L'ESSENTIEL
  • Le binge drinking augmente fortement le risque de lésions du foie.
  • Même occasionnels, ces excès sont dangereux pour les buveurs modérés.
  • Les experts appellent à changer les habitudes de consommation.

Boire très peu ou même pas du tout en semaine, puis se lâcher le week-end : c’est une habitude répandue, qui peut en rassurer certains... à tort. Une nouvelle étude américaine, publiée dans la revue Clinical Gastroenterology and Hepatology, alerte sur les dangers du "binge drinking", même occasionnel.

Boire beaucoup en une fois : pourquoi c’est dangereux

D’après les chercheurs de l’Université de Californie du Sud (USC), "les personnes qui consomment de grandes quantités d’alcool en une seule journée au moins une fois par mois ont trois fois plus de risques de développer une fibrose hépatique avancée". Cette maladie correspond à une cicatrisation du foie qui altère progressivement son fonctionnement. Elle concerne particulièrement les personnes atteintes de stéatose hépatique ou MASLD, une maladie du foie liée à des troubles métaboliques qui touche "un adulte sur trois" aux Etats-Unis, où elle a "plus que doublé en vingt ans", selon un communiqué.

Le "binge drinking" – soit "quatre verres ou plus en une journée pour les femmes et cinq pour les hommes" – surcharge brutalement le foie. Avec pour résultat : inflammation et lésions. "Cette étude est un véritable signal d’alarme, affirme son auteur principal, le Dr Brian P. Lee. Traditionnellement, les médecins se concentraient sur la quantité totale d’alcool consommée, et non sur la façon de boire". Or, avaler plusieurs verres en peu de temps "peut submerger le foie et augmenter l’inflammation", favorisant ainsi les cicatrices. Les hommes et les jeunes adultes sont les plus concernés, et plus la quantité bue est importante, plus les dommages sont marqués.

Un adulte sur deux déclare une consommation excessive

L’étude, basée sur plus de 8.000 adultes américains suivis pendant six ans, révèle que "plus de la moitié des participants déclaraient des épisodes de consommation excessive". Parmi les patients atteints de MASLD, près de 16 % étaient concernés. Même chez les buveurs dits modérés – jusqu’à "sept verres par semaine pour les femmes et quatorze pour les hommes" – le mode de consommation change tout. "Le public doit être beaucoup plus conscient du danger de ces épisodes de consommation excessive occasionnelle, insiste le Dr Lee. Ils devraient être évités, même si l’on boit modérément le reste du temps". Limiter les excès d’alcool ponctuels, privilégier une consommation régulière et modérée, et surveiller les facteurs de risque comme le diabète ou l’obésité sont des réflexes qui peuvent changer la donne, selon les experts.

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