• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Collyre

Sécheresse oculaire : une goutte d’épinard pour soigner les yeux ?

Des chercheurs singapouriens ont mis au point un traitement activé par la lumière, dérivée des membranes photosynthétiques de l'épinard, permettant à l'œil de rester hydraté en continu.

Sécheresse oculaire : une goutte d’épinard pour soigner les yeux ? National University of Singapore




L'ESSENTIEL
  • Des scientifiques ont développé un extrait dérivé des épinards, administré sous forme de simple goutte oculaire dans les cellules de la cornée.
  • En cinq jours, la cornée, traitée avec ce collyre et exposée à la lumière ambiante, a été restaurée à un état proche de la normale, avec de meilleures performances que les traitements existants contre la sécheresse oculaire.
  • Les évaluations de sécurité des gouttes à base d’épinard n'ont révélé aucun effet indésirable.

Picotements, sensation de sable dans les yeux, de paupières collées, de fatigue… Avoir les yeux secs, c’est un problème qui survient souvent en vieillissant. Cependant, ce trouble, provenant d’une mauvaise qualité ou d’une diminution de la production de larmes, peut aussi être lié à la prise de médicaments (somnifères, antidépresseurs, antalgiques…), l’usage prolongé de l’ordinateur ou encore l’air sec ou climatisé. Cette sécheresse oculaire altère la vie quotidienne. Plus précisément, elle réduit le temps de lecture, d'utilisation d'un ordinateur, entraîne des difficultés à conduire et peut même favoriser l’apparition de symptômes dépressifs et anxieux.

Les gouttes oculaires à base d’épinard produisent une molécule protectrice essentielle

Dans une nouvelle étude, des scientifiques de l’université nationale de Singapour ont voulu trouver une solution pour lutter contre la sécheresse oculaire. Ils sont partis d’un constat : "les yeux des mammifères sont exposés à la lumière visible mais ne peuvent pas réaliser la photosynthèse (le processus par lequel certaines espèces utilisent l'énergie de la lumière pour fabriquer une matière organique)." Afin de déterminer si les êtres humains peuvent acquérir une forme limitée de photosynthèse, les auteurs ont conçu un extrait version nanométrique et structurellement préservée des thylakoïdes (les molécules à l'origine de la photosynthèse) retrouvés dans les épinards. "Ces particules mesurent environ 400 nanomètres de diamètre, une taille suffisamment petite pour être facilement absorbées par les cellules."

Pour tester leur technologie, administrée sous forme de gouttes ophtalmiques à des doses si faibles qu'elles n'altèrent pas la perception des couleurs, l’équipe a fait des expériences en laboratoire sur des cellules enflammées de la cornée. Une fois à l'intérieur des cellules, l’extrait nanométrique des thylakoïdes des épinards produit du NADPH, une molécule importante dans la photosynthèse, après 30 minutes d’exposition à la lumière. Selon les résultats, publiés dans la revue Cell, le NADPH produit par les gouttes oculaires à base d’épinards agit à deux niveaux : intracellulaire et extracellulaire. Cette double action a supprimé les espèces réactives de l'oxygène, (des molécules, générées par l’inflammation de la cornée, chimiquement agressives qui endommagent les cellules) et a orienté les cellules immunitaires de la cornée d'un état pro-inflammatoire vers un état anti-inflammatoire.

L’administration d’extrait d’épinard sous forme de collyre réduit les lésions cornéennes en cinq jours

Testé directement sur des échantillons de larmes prélevés chez des patients souffrant de sécheresse oculaire, les gouttes ont augmenté les niveaux de NADPH d'environ 20 fois et réduit le peroxyde d'hydrogène, un oxydant majeur endommageant les cellules, de plus de 95 %. D’après les chercheurs, elles ont permis de restaurer l'intégrité de la cornée en cinq jours, surpassant ainsi d’autres traitements existants contre la sécheresse oculaire, qui ciblent l'inflammation par des voies moléculaires spécifiques, mais dont le coût élevé et les effets secondaires limitent leur utilisation à long terme. En outre, les évaluations de sécurité réalisées sur une période de deux mois, n'ont révélé aucun effet indésirable.

"Nous avons démontré, pour la première fois, que l’appareil photosynthétique des plantes peut être transplanté dans des tissus de mammifères pour générer des molécules biologiquement utiles, grâce à la même lumière qui nous permet de voir. Nous aussi, nous possédons des capacités photosynthétiques limitées. (…) Nous pensons que notre approche présente un fort potentiel d'application clinique", ont conclu les auteurs. Ils prévoient de mener des essais cliniques afin de valider davantage cette technologie.

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

LES MALADIES

J'AI MAL

J ai Mal Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES