- Un Français sur 5 doit attendre entre 1 et 2 mois pour voir un généraliste.
- 43 % des Français attendent entre 2 et moins d’un an pour voir un spécialiste.
- Les délais pour les opérations se sont allongés avec la pandémie, mais ils tendent à baisser et à retrouver leur niveau antérieur.
Une étude de la Dress a révélé le 1er juin que la durée de passages aux urgences avait augmenté de près d’une heure en 10 ans. Mais l’attente n’est pas uniquement problématique face aux accidents et imprévus de la vie. Elle l’est aussi pour les chirurgies programmées et les consultations.
"Les bienfaits escomptés du traitement étant retardés, les patients continuent d’endurer douleur et handicap plus longtemps qu’ils ne devraient, ce qui risque de nuire à leur convalescence", rappelle l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans son rapport Panorama de la santé 2025 paru en novembre dernier. Or, les patients de certains pays peuvent attendre de longues semaines pour voir un médecin, une infirmière ou même subir leur opération.
Consultation avec un spécialiste : près d’un Français sur deux attend entre 2 mois et un an
La France compte 3,8 médecins pour 1.000 habitants dans les zones métropolitaines et 2,5 pour 1.000 dans les régions isolées. Cette moyenne est bien en deçà de la moyenne globale de l’OCDE de 4,7 pour 1.000 et 3,9 pour 1.000 respectivement. Et cela se voit dans les délais de consultations. Avec le Canada et la Nouvelle-Zélande, la France affiche l’un des temps d’attente les plus importants. 20 % attendent plus d’une semaine pour consulter un généraliste ou une infirmière et 63 % patientent au moins deux jours.
Pour les spécialistes, la situation peut aussi être compliquée. Un Français sur 5 doit attendre entre 1 et 2 mois pour pouvoir aller à son rendez-vous. Il en est de même pour les Allemands et les Néerlandais. L’Hexagone présente en revanche le plus grand nombre de malades qui ont dû attendre entre 2 et moins d’un an (43 %) pour voir leur spécialiste. Au Canada et au Royaume-Uni, ils sont plus de 10 % ont déclaré avoir attendu plus d’un an. Ce taux n’est que de 2 % en France.
Remplacement de la hanche : près de deux ans d’attente en Slovénie
Avoir rencontré son docteur ne veut pas dire la fin de l’attente, le rapport montre que les délais pour se faire opérer peuvent aussi être longs. "En ce qui concerne l’opération de la cataracte, en 2024, la part des patients attendant plus de trois mois était comprise entre moins de 20 % en Pologne et en Hongrie, et plus de 70 % en Finlande et en Norvège", expliquent les auteurs du rapport. Si l’on considère le nombre médian de jours d’attente, les Espagnols, les Polonais, les Hongrois, et les Suédois sont bien mieux lotis que les Slovènes avec un temps d’attente de 50 jours ou moins contre 280 jours.
"Avant la pandémie, les délais d’attente tendaient à raccourcir dans la plupart des pays. Ils se sont considérablement allongés en raison de la crise sanitaire, puis ont retrouvé, ou commencé à retrouver, leur niveau antérieur dans la majorité des cas", ajoutent les experts.
Pour l’arthroplastie de la hanche - autre opération de plus en plus fréquente notamment en raison du vieillissement démographique et de l’augmentation des taux d’obésité - le pourcentage de patients devant attendre plus de trois mois est globalement identique à celui relevé pour l’opération de la cataracte. Le plus bas est enregistré au Danemark (19 %) et le plus élevé au Chili (87 %).
Par contre, le temps d’attente médian se révèle particulièrement important. En 2024, il allait de 67 jours en Suède et en Espagne à plus de six mois en Hongrie (209 jours), au Chili (313 jours), en Pologne (343 jours). Il faut même attendre près de deux ans pour se faire opérer en Slovénie (667 jours). Les chiffres de la France pour ces opérations ne sont pas présents dans ce rapport.




