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Santé mentale

Un salarié sur deux en détresse psychologique : les raisons du malaise

Un salarié sur deux se dit en détresse psychologique et près d'un tiers est exposé au burn-out, selon le dernier baromètre Empreinte Humaine-Ipsos BVA sur la santé mentale au travail.

Un salarié sur deux en détresse psychologique : les raisons du malaise Prostock-Studio / istock




L'ESSENTIEL
  • Un salarié sur deux présente des signes de détresse psychologique.
  • Le risque de burn-out sévère a doublé depuis la crise sanitaire.
  • Le manque de reconnaissance et la surcharge de travail apparaissent comme des facteurs majeurs.

Epuisement, anxiété, perte de sens : la santé mentale des salariés français est au plus bas. Selon le dernier baromètre Empreinte Humaine réalisé avec Ipsos-BVA, un actif sur deux présente désormais des signes de détresse psychologique, tandis que le risque de burn-out sévère a doublé depuis la crise du Covid-19.

Une détresse psychologique à un niveau record

Jamais le baromètre d'Empreinte Humaine n'avait enregistré un niveau aussi élevé de souffrance psychologique au travail. Selon cette enquête publiée le 2 juin et relayée par franceinfo et BFMTV, 50 % des salariés présentent au moins un signe de détresse psychologique, contre 47 % fin 2025. Parmi eux, 16 % sont en situation de détresse élevée. Cette détresse regroupe "à la fois des symptômes de dépression et d'épuisement", explique Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d'Empreinte Humaine. Interrogé par franceinfo, il décrit "un sentiment un peu continu de désespoir, de fatigue, finalement un [sentiment] de ras-le-bol et de stress".

Dans le détail des symptômes, 23 % des salariés se disent fréquemment anxieux, 17 % estiment que "tout est un effort", tandis que 10 % se sentent "désespérés" ou "bons à rien". Les femmes, les employés et les moins de 30 ans apparaissent comme les catégories les plus exposées.

Burn-out, perte de sens et surcharge de travail

L'étude met également en lumière une progression durable du risque d'épuisement professionnel. Près d'un tiers des salariés (32 %) sont en risque de burn-out, dont 11 % en risque sévère – soit deux fois plus qu'avant la pandémie de Covid-19. Pour Christophe Nguyen, cette situation s'explique notamment par "une accélération des rythmes de travail". Plus de la moitié des salariés affirment manquer de temps pour réaliser un travail de qualité et 60 % ont l'impression de n'être que de "simples exécutants".

La dégradation du contexte économique et géopolitique est également pointée du doigt. Pour de nombreux salariés, les difficultés économiques servent de justification à une intensification du travail et à un recul de la prévention des risques psychosociaux.

Le manque de reconnaissance, un facteur clé

L'enquête souligne aussi un écart important entre les attentes des salariés et leur vécu quotidien. Ainsi, 84 % souhaitent être reconnus par leur direction, mais seuls 49 % estiment l'être réellement. Moins de quatre salariés sur dix reçoivent spontanément des remerciements ou des retours sur leur travail. Un sentiment d’indifférence qui joue un rôle déterminant : en l'absence de reconnaissance managériale, le taux de détresse psychologique grimpe à 63 %, contre 44 % lorsqu'elle est présente.

Pour Christophe Nguyen, des solutions existent : "Parler sans tabou des sujets de santé psychologique au travail", renforcer l'accompagnement, mobiliser les médecins du travail et surtout "former les managers". L'enjeu est de taille, alors qu’aujourd'hui, 45 % des salariés craignent de ne pas pouvoir tenir psychologiquement jusqu'à la retraite, tandis qu'un tiers envisage de quitter son entreprise.

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