- Face à la mort, les enfants sont souvent curieux d'en savoir plus.
- Un décès dans la famille, la perte d'un animal de compagnie, un livre, un film ou une discussion entendue entre adultes peuvent susciter de nombreuses interrogations.
- Pour les parents, les réponses comme "il s'est endormi pour toujours" ou "il est parti en voyage" sont généralement déconseillées : elles peuvent alimenter certaines peurs, notamment celle de s'endormir ou de voir partir ses proches.
"Est-ce que toi aussi tu vas mourir ?", "Que se passe-t-il quand on meurt ?"', "Est-ce que je vais mourir un jour ?" : ces questions peuvent surprendre, voire inquiéter les parents. Si elles font parfois craindre une souffrance psychologique, une dépression ou un traumatisme, dans la grande majorité des cas, il n'en est rien. Les enfants comprennent progressivement que la vie a une fin et sont souvent curieux d'en savoir plus.
Une étape normale du développement de l'enfant
Avant cinq ou six ans, beaucoup d'enfants considèrent encore la mort comme quelque chose de temporaire ou de réversible, à l'image des personnages de dessins animés qui reviennent à la vie après un accident. À partir de six ou sept ans, ils commencent à comprendre que la mort est définitive, qu'elle concerne tous les êtres vivants et qu'elle fait partie du cycle de la vie.
Un décès dans la famille, la perte d'un animal de compagnie, un livre, un film ou une discussion entendue entre adultes peuvent susciter naturellement de nombreuses interrogations et être le point de départ de ces questions. Certains enfants reviennent d'ailleurs plusieurs fois sur le même sujet, non parce qu'ils sont obsédés par la mort, mais parce qu'ils construisent progressivement leur compréhension d'une notion particulièrement abstraite. Cette répétition fait partie de leur manière d'apprendre et ne constitue pas, à elle seule, un signe inquiétant.
Derrière ces paroles se cache souvent une émotion à comprendre
Parler de la mort ne signifie pas forcément qu'un enfant souhaite mourir. Bien souvent, il exprime une inquiétude plus générale, une peur de perdre ses parents ou un besoin d'être rassuré face à un changement dans sa vie, d'autant plus s'il fait face à une séparation, la maladie d'un proche, un déménagement ou un climat familial plus tendu.
Face à ces questions, la meilleure attitude consiste à favoriser un dialogue calme et ouvert. Il est préférable de répondre avec des mots simples, adaptés à l'âge de l'enfant, tout en restant honnête. Les métaphores comme "il s'est endormi pour toujours" ou "il est parti en voyage" sont généralement déconseillées, car elles peuvent être mal interprétées et alimenter certaines peurs, notamment celle de s'endormir ou de voir partir ses proches.
Il est également utile d'accueillir les émotions de l'enfant sans les minimiser. S'il vous demande si vous aussi vous allez mourir, c'est qu'il cherche souvent avant tout à être rassuré sur le fait que ses parents sont présents et qu'il est en sécurité. Lui laisser la possibilité de poser toutes ses questions contribue à diminuer son anxiété et renforce son sentiment de confiance.
Quand est-il préférable de consulter ?
Même si ces préoccupations sont le plus souvent normales, elles peuvent parfois s'inscrire dans un contexte de souffrance psychologique qui mérite une évaluation médicale. L'attention doit surtout porter sur l'ensemble du comportement de l'enfant plutôt que sur ses paroles isolées.
Une consultation est recommandée si les préoccupations autour de la mort deviennent envahissantes pendant plusieurs semaines, si elles s'accompagnent d'une tristesse persistante, d'un repli sur soi, d'une perte d'intérêt pour les jeux, de troubles importants du sommeil ou de l'appétit, d'une anxiété de séparation marquée, ou encore de plaintes physiques répétées, comme des maux de ventre ou des maux de tête sans explication médicale. De même, si un enfant exprime le souhait de mourir ou tient des propos laissant craindre un risque suicidaire, il est indispensable de consulter rapidement un médecin.
En savoir plus : "Euh... Comment parler de la mort aux enfants" de Delphine Horvilleur.


