- Un programme de modélisation informatique a permis d’évaluer l’efficacité d’une mesure proposée par la Food and Drug Administration (FDA) pour lutter contre le tabagisme.
- La FDA propose de fixer un taux limite de 0,7 mg de nicotine par cigarette.
- Ce seuil limite pourrait permettre de réduire le nombre de fumeurs à moins de 1 % de la population d’ici 2040, d’après une nouvelle étude.
Et si c’était la bonne solution ? Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Tobacco Control, des chercheurs proposent une nouvelle méthode de lutte contre le tabagisme. Selon eux, réduire le taux de nicotine présent dans les cigarettes pourrait permettre de diminuer le nombre de fumeurs à moins de 1 % de la population américaine d’ici 2040.
Baisser le taux de nicotine à 0,7 mg de nicotine maximum par cigarette
La nicotine est une substance addictive présente dans le tabac. Comme l’indique la Ligue contre le cancer, elle agit sur le circuit de récompense du cerveau en activant certaines zones du cerveau, ce qui donne au fumeur une sensation de plaisir. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), une cigarette contient entre 10 et 15 milligrammes (mg) de nicotine, mais le fumeur n'en absorbe en moyenne qu'1 à 2 mg.
Parmi les solutions possibles pour le sevrage tabagique, certains optent pour des substituts nicotiniques qui permettent de diminuer progressivement les doses dont le corps a besoin. D’après le Vidal, aux États-Unis, environ 20 millions de fumeurs (soit la moitié d’entre eux) essaient d’arrêter pendant 24 heures chaque année.
“La plupart d’entre eux ne bénéficient pas de soutien ni d’autres aides prouvées pour arrêter de fumer, ajoute le Vidal. Seuls 5 % environ de ces personnes arrivent à arrêter de fumer à long terme. Au contraire, le taux de succès à un an pour les personnes utilisant des méthodes éprouvées pour parvenir à l’arrêt du tabac à long terme est supérieur.”
Pour augmenter ce pourcentage, les chercheurs de la Rutgers University, aux États-Unis, misent sur une nouvelle méthode. Ils proposent d’adopter la mesure proposée par la Food and Drug Administration (FDA), c’est-à-dire de fixer un taux limite de 0,7 mg de nicotine par cigarette.
Moins de 1 % de fumeurs et 1,6 millions de décès évités
Grâce à un programme de modélisation informatique, ils ont évalué l’impact de cette mesure. Pour cela, ils se sont particulièrement intéressés aux personnes atteintes de dépression majeure, généralement plus concernées par le tabagisme.
“Le tabagisme affecte lourdement les groupes vulnérables, explique Sarah Skolnick, l’une des chercheuses, dans un communiqué. Notre modèle montre qu'une politique de réduction de la nicotine permettrait de diminuer directement les inégalités de santé liées au tabac, en protégeant tout particulièrement les personnes souffrant de dépression majeure. Nous nous sommes intéressés à cette population parce que nous savons que la dépression peut favoriser le tabagisme et que, réciproquement, le tabagisme peut aggraver la dépression.”
D’après leurs résultats, fixer un taux limite de 0,7 mg de nicotine permettrait de réduire le nombre de fumeurs à moins de 1 % de la population américaine d’ici 2040. Autre bénéfice : cette mesure pourrait éviter 1,6 million de décès prématurés et 8 millions de nouveaux cas de dépression majeure d’ici 2100.



