Après un accouchement, la parole libère. Échanger avec une sage-femme permettrait d’améliorer la santé mentale des femmes. Des chercheurs australiens l’ont constaté dans un essai, dont les résultats ont été publiés dans BMC Public Health. "Les femmes quittent souvent l'hôpital avec des questions sans réponse ou un sentiment de détresse concernant certains aspects de leur accouchement, précise le Dr Kate Buchanan, directrice de cette étude. Un débriefing bienveillant leur offre l'espace nécessaire pour comprendre ce qui s'est passé et se sentir véritablement soutenues."
Un débriefing post-accouchement avec une sage-femme
Plus de 100 femmes ont participé à cette étude : toutes ont exprimé avoir été très satisfaites des échanges avec la sage-femme. La plupart d’entre elles ont affirmé que cela les avait aidées à comprendre leur expérience de l'accouchement, à gérer leurs émotions, à poser les questions qui les tourmentaient et à se sentir plus confiantes et soutenues sur le plan émotionnel. Elles ont été nombreuses à préciser que le fait de connaître la sage-femme avait été important dans le processus. "Que l'accouchement se soit déroulé sans encombre ou qu'il ait été difficile, les sages-femmes sont les mieux placées pour interroger la femme sur son expérience, grâce à leur approche globale, leur compréhension de l'accouchement et leur reconnaissance de cet événement comme une étape majeure de la vie, indique le Dr Buchanan. Parler de l'accouchement est une étape cruciale pour soutenir le bien-être émotionnel ; cela aide les mères à se sentir écoutées, comprises et autonomes au moment d'entamer leur parcours de parentalité."
Accouchement : atténuer le traumatisme grâce à la parole
Les auteurs, des chercheurs de l’Université Edith Cowan, estiment que 30 % des femmes dans le monde sont touchées par un traumatisme lié à l’accouchement. Lors de l’essai, ce sont ces femmes qui ont le plus bénéficié du débriefing. "Discuter de son expérience de l’accouchement avec une sage-femme peut aider à atténuer le sentiment de traumatisme, soit en favorisant une meilleure compréhension de ce qui s’est passé, soit en facilitant l’orientation vers un soutien psychologique", analyse le Dr Buchanan. Elle souligne que cet échange est différent des débriefings après incident critique, organisés en cas d’accouchement difficile. Ces entretiens sont davantage centrés sur les décisions cliniques et les gestes médicaux.
À l’issue de l’étude, les sage-femmes ont "unanimement souligné l’importance de cette démarche". Ces professionnelles de santé ont rappelé que la formation était primordiale pour le bon déroulé du débriefing. "Ce projet a permis de tester un guide d'entretien standardisé pour le débriefing de l'accouchement, élaboré avec la contribution de sages-femmes, de cadres de santé et de défenseurs des droits en matière de maternité", précisent les auteurs. À terme, ils espèrent que le débriefing devienne une étape essentielle des soins post-accouchement.



