- Louisa, quatrième bébé issu d’une greffe d’utérus en France, est née à l’Hôpital Foch le 3 juillet.
- Sa mère, atteint d’une agénésie utérine due au syndrome MRKH et ayant bénéficié d’une transplantation utérine issue d'un don de sa propre mère en 2023, a accouché à 8 mois de grossesse.
- "La petite est née avec un poids de 2 kg 600."
Jusqu’à présent, trois bébés sont nés en France grâce à une greffe d'utérus. Le 9 juillet, l’hôpital Foch a annoncé, sur son compte Facebook, la naissance de Louisa, quatrième bébé issu d’une greffe d’utérus en France. "La naissance s’est déroulée dans de très bonnes conditions le vendredi 3 juillet, au terme de 8 mois de grossesse. La petite Louisa est née avec un poids de 2 kg 600. Elle est le quatrième bébé né d’une greffe utérus en France après Misha, Maxine (née de Déborah, première greffée) et Léonie (née d’Anaïs, deuxième greffée)", peut-on lire dans le communiqué de l’établissement hospitalier.
Syndrome MRKH : une grossesse avec port de l’embryon dans son utérus n’est généralement pas possible
Selon les médecins, Océane, la maman, avait bénéficié en octobre 2023 d’une transplantation utérine issue d'un don de sa propre mère, car elle est atteinte d’une agénésie utérine due au syndrome MRKH. Cette maladie, touchant une fille sur 4.500, est une anomalie congénitale rare de l’appareil reproducteur féminin. Il se caractérise principalement par une absence totale ou partielle de l’utérus et du col de l’utérus, avec souvent une absence ou un raccourcissement du vagin supérieur. Les personnes concernées ont généralement des ovaires fonctionnels et une production hormonale normale.
D’après l’hôpital Necker, le diagnostic est en général posé à l’adolescence, lorsque la jeune fille constate une absence de règles (85% des cas). Quand l’absence de règle n’a suscité de craintes, ce sont par la suite des rapports sexuels difficiles, voire impossibles (10 %), qui mettent la puce à l’oreille. "Plus rarement le diagnostic est fait avant la puberté soit par la découverte fortuite d’une anomalie utéro vaginale lors d’un examen fait pour une autre raison, soit par ce que la présence de certaines malformations ont fait rechercher cette anomalie." Chez ces patientes, la grossesse n’est pas possible bien que les ovaires fonctionnent normalement et produisent des ovules capables d’être fécondés par un spermatozoïde. "À ce jour, la loi Française ne permet pas la gestation pour autrui. La maternité est possible par l’adoption", mais également grâce à la greffe d’utérus, qui reste rare et très encadré.
Un espoir pour les patientes "nées sans utérus, présentant une infertilité ou un utérus non fonctionnel"
Sur Facebook, l’hôpital Foch souligne que, sur les dix greffes autorisées au sein de notre établissement, quatre ont déjà été menées avec succès et une cinquième est en préparation. "La première greffe d’utérus a été réalisée en mars 2019, et la première naissance est survenue en février 2021. Ce projet de recherche consolide l’espoir des patientes nées sans utérus, ou présentant une infertilité utérine causée par une hystérectomie, ou un utérus non fonctionnel."


