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FIV : comment expliquer les taux de réussite plus élevés ?

L'amélioration des techniques de fécondation in vitro a permis d'obtenir de meilleurs taux de réussite. En parallèle, le taux de grossesses gémellaires a diminué. 

FIV : comment expliquer les taux de réussite plus élevés ? Peter Hansen/istock

  • Publié le 10.07.2026 à 13h25
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Plus de huit millions d’enfants sont nés grâce à la fécondation in vitro dans le monde, depuis 1978, année du premier transfert. Depuis, la technique s’est améliorée, comme les taux de réussite. Une étude, présentée à l’occasion du 42e congrès annuel de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie, le confirme.

FIV : des taux de réussite plus élevés et des grossesses multiples moins fréquentes 

"Les traitements de FIV modernes permettent désormais d'atteindre des taux de réussite nettement supérieurs à ceux des méthodes antérieures, tout en réduisant considérablement le nombre de grossesses gémellaires et de triplés", concluent ses auteurs, des chercheurs australiens. Leurs travaux reposent sur l’analyse des résultats obtenus chez plus de 18.000 femmes. Elles avaient entamé leur premier cycle de FIV entre janvier 2012 et décembre 2021 dans sept cliniques de fertilité australiennes. Les participantes ont été suivies jusqu'en décembre 2023. Les scientifiques ont constaté que les pratiques cliniques modernes de FIV ont permis d'atteindre un taux cumulé de naissances vivantes de 68,2 % sur trois cycles de traitement. 

Dans 95,3 % des cas, un seul embryon a été transféré. Le taux de naissances multiples était de 2,9 % en moyenne. "Des études antérieures, menées avant la généralisation des techniques de laboratoire modernes, faisaient état de taux cumulés de naissances vivantes sur trois cycles avoisinant les 53 à 59 %, souvent associés à des taux de grossesses multiples supérieurs à 20 %",  précisent les auteurs. Pour le Dr Dean Morbeck, qui a dirigé l’étude, ces résultats remettent en question l'idée selon laquelle le transfert de plusieurs embryons serait nécessaire pour maximiser les chances de succès d'une FIV. "Pendant de nombreuses années, le transfert de deux embryons augmentait les chances de grossesse pour un transfert donné, mais s'accompagnait souvent de taux de grossesses gémellaires avoisinant les 30 %, indique-t-il. Nos données montrent que ce compromis a largement disparu."

FIV : quels facteurs ont permis d’augmenter les taux de réussite ? 

Ces spécialistes identifient plusieurs pistes d’explication, liées à l’évolution des techniques. "Le changement majeur a été le passage de la culture au stade de blastocyste comme exception à son adoption comme norme", indique le Dr Morbeck. Il s’agit de réaliser l’implantation après un développement embryonnaire en culture jusqu’aux jours 5 et 6. "La culture au stade de blastocyste a également gagné en efficacité grâce à la vitrification (congélation rapide ndlr), qui a considérablement amélioré la survie des embryons après congélation et décongélation, rendant les résultats des transferts d'embryons congelés comparables à ceux des transferts d'embryons frais, poursuit-il. Conjuguées, ces avancées ont permis de mettre en œuvre des stratégies telles que le protocole "freeze-all" (congélation de tous les embryons), où les embryons sont transférés un par un à une date ultérieure, plutôt que lors du cycle de stimulation initial."

Ils ont aussi constaté que les taux de réussite varient en fonction de l'âge. "Les femmes de moins de 35 ans ont atteint un taux cumulé de naissances vivantes optimal de 84,5 %, contre 74,4 % pour les femmes âgées de 35 à 37 ans, 57,7 % pour celles de 38 à 40 ans et 30,1 % pour celles de 41 à 42 ans", développent-ils.

Pour le Dr Morbeck, ces résultats montrent la nécessité d’accroître l'accès au transfert d'embryon unique partout dans le monde. "L'avenir de la FIV réside dans l'amélioration continue du taux de réussite de chaque transfert d'embryon, tout en préservant les acquis en matière de sécurité", conclut-il. 

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