- Sur 24 mois, l'étude a recensé 144 événements indésirables graves en psychiatrie, dont 137 transferts en urgence vers un service de médecine et 7 décès inattendus.
- Une complication sur cinq est survenue dans les deux premiers jours d'hospitalisation et la mortalité atteint 10 % à un mois après l’événement indésirable grave.
- Les chercheurs soulignent ainsi l’importance d’une surveillance renforcée dès l'admission, notamment durant les 48 premières heures d’admission en psychiatrie.
Dès les premiers instants d'une hospitalisation en psychiatrie, chaque heure compte. C’est ce que suggère une étude publiée par Santé publique France, ce 7 juillet. Celle-ci a été menée en partant d’un constat : "les personnes atteintes de troubles psychiatriques présentent une mortalité plus élevée que la population générale, notamment en lien avec les facteurs de risque cardiovasculaire, les psychotropes et un accès limité aux soins. Ce constat suggère une plus grande incidentalité (la fréquence de survenue d'événements ou de problèmes) en hospitalisation psychiatrique." Dans le cadre des travaux, les chercheurs français ont ainsi voulu décrire la survenue des événements indésirables graves au cours d’une admission en psychiatrie. Ces derniers ont été définis par les décès inattendus survenant durant l’hospitalisation et les transferts non programmés vers les services d’urgences générales.
Psychiatrie : 20 % des effets indésirables graves se présentent dans les deux premiers jours d’hospitalisation
Pour ce faire, l’équipe a fait une analyse sur une période de 24 mois pour examiner les événements indésirables graves chez les patients hospitalisés en établissement psychiatrique. Les caractéristiques démographiques, les comorbidités, les motifs de recours aux urgences et les diagnostics, l’iatrogénie, la mortalité à un et six mois de la survenue de complications ont été enregistrés. Selon les résultats, 144 événements indésirables graves (6,4 %) ont été recensés, dont 137 transferts urgents et 7 décès. Les urgences vitales représentaient 51 % des complications, principalement par détresse respiratoire. L’iatrogénie, qui désigne l'ensemble des effets indésirables provoqués par la prise d'un ou plusieurs médicaments, était suspectée dans 41 % des événements graves et une cause infectieuse dans 38 % des cas. Au cours des 48 premières heures d’hospitalisation, 20 % des complications ont été observés. Les données montrent que la mortalité un mois après la survenue de l’événement indésirable grave était de 10 %.
Une surveillance renforcée durant les 48 premières heures d’hospitalisation
"Peu d’études s’intéressent aux événements indésirables graves chez les patients hospitalisés en psychiatrie. À notre connaissance, cette étude rétrospective est la première en France permettant d’analyser les événements indésirables graves et leurs causes potentielles au sein d’un établissement psychiatrique", ont indiqué les auteurs. Face à ces résultats, ils plaident pour une surveillance renforcée durant les premières 48 heures d’admission et pour l’amélioration de la prévention des effets secondaires médicaments. "Ces actions sont essentielles pour renforcer la sécurité des patients et réduire la morbi-mortalité intrahospitalière."


