- Une revue scientifique a analysé les effets de 16 plantes médicinales sur le diabète.
- Plusieurs composés naturels semblent agir sur la glycémie et protéger certains organes.
- Les chercheurs soulignent toutefois que des essais cliniques chez l'humain restent indispensables.
Utilisées depuis des siècles en Afrique, en Asie ou encore autour de la Méditerranée, certaines plantes médicinales pourraient jouer un rôle dans la prise en charge du diabète, une maladie qui touche près de 600 millions d’adultes à travers le monde, selon la Fédération internationale du diabète. Une vaste revue scientifique, publiée dans The Open Biochemistry Journal, fait le point sur les preuves existantes sur le sujet.
Des mécanismes d'action qui se recoupent
Pour mieux comprendre le potentiel des plantes médicinales, les auteurs ont analysé plus de 1.200 publications scientifiques parues entre 2000 et 2025 dans plusieurs bases de données. Après une sélection rigoureuse, 54 études portant sur 16 plantes ont été retenues. Parmi elles figurent des espèces bien connues comme la feuille de Gymnema sylvestre (Gurmar), le mûrier blanc (Morus alba), la grenade (Punica granatum) ou encore le ginseng rouge (Panax ginseng), mais aussi d'autres plantes moins étudiées comme Wisteria sinensis ou Dittrichia viscosa.
Malgré leur diversité, ces plantes semblent agir selon des mécanismes biologiques similaires. Leurs principaux composés actifs, notamment les flavonoïdes, polyphénols, alcaloïdes et saponines, ralentissent la digestion des glucides en bloquant les enzymes α-amylase et α-glucosidase. Résultat : le glucose est absorbé plus lentement après les repas, limitant les pics de glycémie.
D'autres molécules, comme la quercétine, le kaempférol, la berbérine ou l'acide gymnémique, favoriseraient également l'entrée du glucose dans les cellules en améliorant la signalisation de l'insuline. Enfin, plusieurs extraits végétaux semblent protéger le pancréas, le foie et les reins contre le stress oxydatif, un phénomène impliqué dans les complications du diabète. Les chercheurs estiment que les preuves les plus solides concernent quatre plantes : le Gymnema sylvestre, le mûrier blanc, la grenade et le ginseng rouge.
Des résultats à confirmer chez l’humain
Les auteurs restent toutefois prudents car, "pour la plupart des plantes médicinales examinées, les études cliniques font actuellement défaut", selon un communiqué. En effet, la majorité des travaux ont été réalisés sur des cellules en laboratoire ou chez l'animal. Ce n’est pas tout : avant d'envisager un usage médical, il reste à déterminer les doses efficaces, la qualité des extraits, leur absorption par l'organisme, leurs interactions avec d'autres traitements et leur sécurité à long terme. Ces plantes ne remplacent donc pas les traitements actuels, mais elles pourraient, à terme, les compléter ou offrir de nouvelles options thérapeutiques... si elles sont validées par des essais cliniques.



