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Addiction

Maladie hépatique chronique : la téléconsultation peut-elle faire reculer la consommation d’alcool ?

Chez les personnes atteintes d'une maladie chronique du foie, une prise en charge progressive par téléconsultation permet de réduire plus efficacement la consommation d'alcool.

Maladie hépatique chronique : la téléconsultation peut-elle faire reculer la consommation d’alcool ? Stockah/iStock




L'ESSENTIEL
  • Une étude a évalué l’efficacité d’un traitement gradué de la consommation d'alcool dispensé par un médecin à distance, comprenant trois séances d'entretien motivationnel à distance, avec orientation vers un spécialiste en addictologie si nécessaire.
  • Les participants atteints de maladie hépatique chronique ayant suivi ce programme ont réduit davantage leur consommation hebdomadaire d'alcool que ceux recevant les soins classiques.
  • Cet effet positif persistait après six mois d’accompagnement.

"La consommation d'alcool à risque est fréquente chez les adultes souffrant de maladie hépatique chronique (qui dure généralement plus de 6 mois)", selon des chercheurs de l’université de Californie à San Francisco (États-Unis). Pourtant, il est essentiel pour ces patients de moins boire de boissons alcoolisées afin de limiter l’aggravation de la pathologie. Dans une étude, publiée dans la revue Hepatology, les scientifiques ont donc voulu évaluer l’efficacité d’un traitement gradué de la consommation d'alcool (aussi appelé approche par paliers ou soins gradués) dispensé à distance. Dans le cadre de cette méthode, adaptant l'intensité du traitement aux besoins de chaque personne, l'idée est de commencer par les interventions les moins intensives qui ont des chances d'être efficaces, puis d'augmenter le niveau de prise en charge si nécessaire.

Alcool : des taux d'abstinence plus élevés dans le groupe ayant bénéficié d’un traitement gradué à distance

Lors des travaux, l’équipe a recruté 157 personnes atteintes d’une maladie hépatique chronique et présentant une consommation d'alcool à risque (c’est-à-dire plus de 7 verres par semaine ou plus de 4 verres par jour pour les femmes et plus de 14 verres par semaine ou plus de 5 verres par jour pour les hommes, ou consommation épisodique excessive). Parmi eux, 76 participants ont reçu des soins classiques pour réduire leur consommation d’alcool. Le reste des volontaires a bénéficié d’un accompagnement gradué à distance, qui comprenait trois séances d'entretien motivationnel suivies d'une orientation vers un service de médecine des addictions en l'absence de réduction de la consommation au bout de trois mois. Six après le début de l’étude, la consommation d’alcool des adultes a été réévaluée.

Le traitement gradué de la consommation d'alcool n'a pas montré de différence quant au pourcentage de patients maintenant une consommation d’alcool inférieure au seuil de modération. En revanche, les personnes ayant bénéficié de cet accompagnement ont présenté une réduction plus importante du nombre de verres par semaine entre le début de l’intervention, le troisième et le sixième mois. L'effet du traitement par étapes sur la réduction de la consommation d'alcool à six mois est resté significatif. Au sixième mois, les taux d'abstinence sur 30 jours étaient de 29 % pour le groupe ayant été suivis à distance et de 18 % pour le groupe ayant reçu les soins classiques. "La motivation initiale à réduire la consommation d'alcool était positivement associée à la réponse au traitement", peut-on lire dans les résultats.

Une approche rarement mise en œuvre en hépatologie

"Les interventions intégrées pour la prise en charge de la consommation d'alcool sont encore rarement mises en œuvre dans les services d'hépatologie. Cette lacune dans la prise en charge est particulièrement préoccupante, étant donné que les recommandations actuelles préconisent de proposer ces interventions à tous les patients atteints d’une maladie hépatique chronique", ont conclu les auteurs.

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