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Neurologie

TOC et TCA : un même circuit cérébral ?

Des chercheurs américains ont identifié des similitudes importantes dans l'activité génique cérébrale chez les personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire et de trouble obsessionnel compulsif.

TOC et TCA : un même circuit cérébral ? Moment Makers Group/iStock




L'ESSENTIEL
  • Les TCA et le TOC partagent des "empreintes biologiques" dans le cerveau.
  • Ces dernières sont observées dans certains réseaux cérébraux, notamment les circuits fronto-striataux qui sont impliqués dans les habitudes, le contrôle des actions et la rigidité comportementale.
  • Pour ces deux troubles, "un même traitement pourrait s'avérer efficace."

Depuis des décennies, les médecins affirment que les troubles des conduites alimentaires (TCA) et le trouble obsessionnel compulsif (TOC) présentent des chevauchements cliniques et génétiques. Cependant, "on ignore s'ils s’étendent au niveau moléculaire dans le cerveau humain", selon des scientifiques de l'Icahn School of Medicine at Mount Sinai (États-Unis). Afin d’en avoir le cœur net, ces derniers se sont appuyés sur la plus vaste collection de cerveaux post-mortem de 86 personnes, dont 57 atteintes de TCA et 27 souffrant de TOC. Ils ont analysé les profils d'expression génique dans deux régions cérébrales cortico-striatales : le cortex préfrontal dorsolatéral et le noyau caudé. "Ces régions régissent la flexibilité comportementale, la prise de décision et le développement de comportements habituels."

Les deux troubles partagent un fondement biologique commun

Les résultats, publiés dans la revue Cell Reports, ont montré des profils similaires de dérégulation génique dans ces deux régions pour les TOC et les TCA. "Nous nous attendions à un certain chevauchement, mais l'ampleur de la similitude a été surprenante. Les mêmes gènes étaient altérés, et ce dans le même sens, pour les deux troubles. Cela suggère l'existence de mécanismes biologiques communs sous-tendant les comportements compulsifs, au-delà des catégories diagnostiques", a expliqué Dorothy Grice, auteur des travaux et chercheuse au sein du département de psychiatrie de Mount Sinai. Les scientifiques ont aussi identifié un groupe de cinq gènes (WDR6, NCKIPSD, P4HTM, DALRD3 et SHISA5) sur le chromosome 3, apparus indépendamment dans les deux troubles, qui constituent des cibles moléculaires potentielles pour de futures recherches.

TOC et TCA : "un même traitement pourrait s'avérer efficace pour chacun d'eux"

D’après l’équipe, ces données pourraient orienter le développement de traitements ciblant des voies communes plutôt que des troubles pris isolément. "Historiquement, le développement de médicaments psychiatriques s'est concentré sur un seul diagnostic à la fois. Si plusieurs troubles partagent les mêmes perturbations moléculaires, un même traitement pourrait s'avérer efficace pour chacun d'eux", ont précisé les auteurs qui mènent actuellement des études de séquençage d'ARN sur noyaux isolés afin de déterminer quels types spécifiques de cellules cérébrales sont à l'origine des modifications moléculaires identifiées dans ces recherches.

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