- Le cancer pourrait atteindre près de 35 millions de nouveaux cas par an d'ici à 2050.
- L'OMS et le CIRC dénoncent de profondes inégalités d'accès aux soins et de survie entre les pays.
- Ils appellent à renforcer la prévention, le dépistage et l'accès aux traitements.
Près de 35 millions de nouveaux cas de cancer par an d'ici à 2050, contre presque moitié moins en 2024 : c'est l'inquiétante projection dévoilée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son dernier rapport mondial sur la situation du cancer. L'agence de l’ONU alerte sur une progression continue de la maladie, mais surtout sur des inégalités de survie qui restent considérables entre les pays.
Cancer : déjà plus de 26.000 décès par jour
Selon l'enquête de l'OMS, publiée avec le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), le cancer provoque déjà plus de 26.000 décès chaque jour. En 2024, on estime à 20,6 millions le nombre de nouveaux cas et à près de 10 millions celui des décès, faisant du cancer la deuxième cause de mortalité mondiale après les maladies cardiovasculaires. Sans un renforcement rapide de la prévention, du dépistage et de l'accès aux traitements, le nombre de nouveaux cas pourrait approcher les 35 millions par an en 2050.
Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, "le cancer est une maladie profondément personnelle qui touche presque chacun d'entre nous. Mais les chances de survie d'une personne ne devraient jamais dépendre du pays où elle est née ni de ses revenus". Il ajoute, dans un communiqué, que "les inégalités mises en évidence dans ce rapport ne sont pas une fatalité".
Des inégalités qui coûtent des vies
L'étude montre des écarts spectaculaires : dans les pays à revenu élevé, 87 % des femmes atteintes d'un cancer du sein sont encore en vie cinq ans après le diagnostic, contre seulement 42 % dans les pays à faible revenu. L'OMS souligne que moins d'un pays sur trois intègre pleinement la prise en charge du cancer dans sa couverture sanitaire universelle.
L’enquête de l'OMS auprès de personnes concernées révèle aussi l'impact social de la maladie : 45 % des patients connaissent des difficultés financières, plus d'un sur deux souffre de problèmes de santé mentale et la quasi-totalité des proches aidants subissent une forte pression financière.
Mieux prévenir pour inverser la tendance
Le rapport rappelle que près de quatre cancers sur dix sont liés à des facteurs de risque évitables, comme le tabagisme, l'alcool, l'obésité, la sédentarité, une mauvaise alimentation ou certaines infections telles que le papillomavirus humain et les hépatites B et C.
L'OMS met toutefois en avant quelques avancées : 82 % des pays disposent désormais d'un plan national de lutte contre le cancer, contre 50 % en 2010. Pour Elisabete Weiderpass, directrice du CIRC, "nous constatons une baisse de certains cancers dans les pays qui ont mis en œuvre des politiques de prévention, mais les progrès restent beaucoup trop lents". Elle souligne également que "la prévention du cancer doit rester une priorité politique".
#Cancer is not just a disease.
— World Health Organization (WHO) (@WHO) July 8, 2026
It is a family story, a caregiving story, a community story.
Many of us may navigate it - after receiving the diagnosis or as a friend or family member providing care and support.
It can be tough. But there is hope.
Stronger prevention, better… pic.twitter.com/3kLgyc6D9J


