Chaque année, 25.000 personnes apprennent qu’elles souffrent de la maladie de Parkinson en France. Selon Santé Publique France, la pathologie est 1,5 fois plus fréquente chez les hommes, en comparaison aux femmes. Ces différences pourraient être liées à la génétique. C’est la théorie développée par une équipe de l'université de la Sarre en Allemagne. Ils ont présenté leurs résultats lors du Forum 2026 de la Fédération des sociétés européennes de neurosciences.
Maladie de Parkinson : des différences selon le sexe
"Les hommes connaissent également un déclin plus rapide de leurs capacités cognitives ainsi qu'une aggravation plus rapide des difficultés rencontrées dans la vie quotidienne", notent les auteurs. Dans une étude précédente, Julia Schulze-Hentrich, professeure au département de génétique et d'épigénétique et affiliée au Centre de biologie et de médecine spécifiques au genre (CGMB) de l'université de la Sarre (Allemagne) avait déjà identifié des différences dans la manifestation de la maladie en fonction du sexe. "Les femmes atteintes de la maladie présentaient des modifications de la méthylation de l'ADN au niveau de 69 régions du génome, contre seulement deux chez les hommes, concluait la chercheuse et son équipe. La méthylation de l'ADN ne modifie pas les gènes eux-mêmes, mais agit comme un variateur d'intensité pour augmenter ou réduire l'activité génique."
Dans les cellules cérébrales, une activité génique qui varie chez les hommes et les femmes
Cette étude récente visait à comprendre ces différences de méthylation de l’ADN observées. Pour mener ces travaux, les scientifiques ont examiné des échantillons de cerveau prélevés sur 73 personnes décédées de la maladie de Parkinson. Puis, ils ont comparé les informations recueillies avec celles de personnes en bonne santé. "Nous avons analysé les différences d'expression génique, cellule par cellule, dans l'ensemble des cellules cérébrales : neurones, astrocytes, oligodendrocytes et microglie", précise la scientifique.
La pathologie entraîne des modifications cérébrales similaires, quel que soit le sexe, mais certains processus génétiques varient. "Nous avons relevé des différences significatives entre les hommes et les femmes concernant l'activité génique dans certaines cellules et certaines régions du cerveau", poursuit-elle. Elles ont été observées dans deux types de cellules cérébrales : les astrocytes et les oligodendrocytes. Dans les premières, l'activité des gènes liés aux mitochondries, qui produisent de l’énergie, différait selon le sexe. Pour les oligodendrocytes, l'activité des gènes impliqués dans la production et le maintien de la gaine protectrice entourant les fibres nerveuses variait aussi entre les hommes et les femmes.
Maladie de Parkinson : l'espoir de traitements personnalisés
"Cela démontre que la maladie de Parkinson déclenche certaines 'réponses au stress' communes dans les cellules cérébrales de tous les individus, mais qu'il existe aussi des différences entre les hommes et les femmes au niveau cellulaire, notamment dans la manière dont les cellules de soutien cérébral gèrent l'énergie et protègent les connexions nerveuses, observe le Dr Schulze-Hentrich. Nos résultats contribuent à expliquer pourquoi les symptômes et l'évolution de la maladie de Parkinson diffèrent selon le sexe."
La spécialiste espère que ces résultats pourront contribuer au développement de traitements personnalisés, adaptés aux spécificités biologiques des individus. "Plus important encore, nos résultats soulignent la nécessité cruciale de reconnaître les différences biologiques entre les sexes dans la recherche sur la maladie de Parkinson et d'analyser, dans la mesure du possible, les données séparément pour les hommes et les femmes plutôt que de les regrouper, alerte-t-elle. Cette approche est essentielle pour déterminer si une association, un effet ou un résultat varie selon le sexe."



