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Moustique tigre

Dengue : ces 2 facteurs favorisent la survenue des épidémies en Europe

Des chercheurs sont parvenus à identifier les schémas de transmission de la dengue en Europe.

Dengue : ces 2 facteurs favorisent la survenue des épidémies en Europe Pawich Sattalerd/istock




L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs ont examiné les dossiers des patients touchés par l'importante épidémie de dengue survenue en Italie en 2024.
  • Ils ont découvert que la transmission de la dengue est influencée par la proximité spatiale. Dans la majorité des cas, les lieux d'exposition des patients étaient distants de 100 à 200 m.
  • Chaque augmentation de température de 1°C était associée à une hausse d'environ 20 % de la transmission.

Pendant des décennies, les infections de dengue observées en Europe n’étaient que des cas importés de pays tropicaux. Mais l'expansion du moustique tigre, vecteur de la maladie, sur le Vieux Continent a changé la donne ces dernières années, s'accompagnant d'une hausse des cas autochtones. En étudiant l'importante épidémie de dengue qui a touché l’Italie en 2024, des chercheurs sont parvenus à identifier les facteurs favorisant la transmission de la maladie sur le sol européen.

Cette étude du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a été publiée dans la revue Eurosurveillance en juillet 2026.

Proximité, température : comment le moustique tigre propage la dengue en Europe

Entre juillet et octobre 2024, 296 cas de dengue autochtones ont été enregistrés en Italie, dont 286 concentrés sur les municipalités de Fano, Cavezzo et Ortona. Les enquêtes sanitaires de l’époque n’ont pas permis d’identifier la personne à l'origine de la première transmission. Les chercheurs ont déterminé que 270 des cas signalés avaient probablement été exposés au virus alors qu’une personne déjà infectée était à proximité. Pour les 26 cas restants, aucun lieu d'exposition probable n'a pu être identifié.

Les analyses des données ont permis de repérer un premier facteur de propagation du virus de la dengue : la proximité spatiale. En effet, la transmission lors de cette épidémie de dengue était très localisée. Plus de la moitié des contaminations concernaient des personnes dont les lieux d'exposition probables étaient situés à moins de 100 mètres les uns des autres. Parmi les personnes pour lesquelles une source probable d'infection a pu être identifiée, 18 % vivaient dans le même foyer qu’un malade de la dengue et 41 % dans le voisinage immédiat. Les lieux d’exposition étaient séparés de 100 à 200 m dans 27 % des cas. Le taux tombait à 10 % lorsque la distance atteignait 200 à 300 m.

"Les transmissions au-delà de 400 mètres sont rares, représentant moins de 1 % des cas identifiés. Selon les auteurs, ces résultats concordent avec le faible rayon d’action des moustiques Aedes albopictus (nom scientifique du moustique tigre)", soulignent les auteurs dans un communiqué.

Par ailleurs, l’équipe a remarqué que la baisse des températures enregistrée à l'automne 2024 avait "probablement" contribué à réduire la transmission. Selon les calculs des scientifiques, chaque augmentation de température de 1°C était associée à une hausse d'environ 20 % de la transmission du virus de la dengue.

Dengue : les mesures antimoustiques sont efficaces

Si le moustique tigre, et par effet domino la dengue, gagnent du terrain en Europe, la bataille n’est pas vaine. Alors que chaque patient présentant des symptômes de la maladie était à l’origine de plus d'une infection supplémentaire en moyenne, la lutte antivectorielle permet de casser la chaîne de transmission. Les chercheurs ont calculé que les mesures anti-moustiques tigres appliquées dans un rayon de 200 mètres autour des lieux d'exposition identifiés faisaient baisser les contaminations secondaires à moins d'une par personne infectée.

"La forte proportion de transmissions localisées suggère que, lorsque les cas sont diagnostiqués rapidement, la lutte antivectorielle et la recherche active de cas dans un rayon d'environ 400 m autour des cas détectés peuvent réduire considérablement la transmission ultérieure. Toutefois, en cas de retard dans la détection des cas, il pourrait être judicieux d'étendre la lutte antivectorielle aux zones avoisinantes ou à l'échelle municipale afin de maîtriser la propagation de la transmission non détectée", concluent les chercheurs.

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