- Entre 2022 et 2024, la plupart des niveaux d’usage de substances psychoactives poursuivent leur baisse, à l’exception de l’expérimentation de l’alcool qui ré-augmente à la suite d’une baisse très importante entre 2018 et 2022.
- En près de 15 ans, l'expérimentation du tabac a été divisée par 4 chez les collégiens et par deux chez les lycéens.
- En 2024, l’expérimentation d’alcool concerne 54,0 % des collégiens et 72,7 % des lycéens.
Le tabac et le cannabis ont moins la côte dans les collèges et les lycées tandis que la consommation d’alcool a connu un rebond. Voici les conclusions de l’étude menée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) en 2024 auprès de 11.000 élèves du secondaire.
La cigarette électronique préférée au tabac
Moins d’un collégien sur 10 (7,7 %) a reconnu avoir déjà fumé une cigarette au cours de sa vie en 2024. Le taux atteignait 30,6 % au lycée. Le tabagisme quotidien est aussi particulièrement faible avec respectivement des taux de 0,9 % et 5,6 %. "Ces pourcentages sont les mêmes entre garçons et filles au collège, mais les lycéennes ont un peu plus expérimenté le tabac que leurs pairs. Les expérimentations ont globalement baissé depuis 2022, mais pas les usages quotidiens – qui étaient déjà alors en forte baisse", précise l’OFDT.
Si le tabac attire moins les jeunes, la cigarette électronique les séduit. Son usage est supérieur aux cigarettes traditionnelles. Près d’un collégien sur 5 (19 %) et plus d’un lycéen sur quatre (25,3 %) l'ont déjà testée. Par ailleurs, 6,8 % des élèves de lycées l'utilisent quotidiennement en 2024 contre 3,8 % en 2022.
L’alcool : un rebond entre 2022 et 2024
Après avoir enregistré une baisse continue entre 2010 et 2022, la consommation d’alcool a connu un rebond ces dernières années. 54 % des collégiens avaient déjà bu au moins une boisson alcoolisée en 2024 contre 43,4 % en 2022. Même dynamique pour les lycéens : 72,7 % en 2024 contre 68,3 en 2022.
"L’expérimentation de l’alcool augmente au fil de la scolarité secondaire : elle concerne 37,5 % des élèves de sixième et jusqu’à 73,3 % des élèves de terminale", remarquent les auteurs du rapport. Concernant la consommation régulière d’alcool (au moins dix fois au cours des trente derniers jours), elle est marginale au collège (moins de 2 %) et de 8,8 % au lycée. Elle progresse tout au long de la scolarité, passant de 5,8 % parmi les élèves de seconde à 8,6 % parmi ceux de première, pour concerner 12,4 % des élèves de terminale.
La consommation de cannabis diminue
Comme le tabac, la consommation de cannabis diminue. Parmi les élèves de troisième, 7,4 % l’ont expérimenté et jusqu’à 21 % en terminale. L’usage régulier est moindre : 4,6 % en troisième et 14,5 % en terminale en ont pris dans l’année écoulée. Les garçons sont systématiquement plus consommateurs.
Concernant les autres drogues illicites, 2 % des lycéens déclarent avoir expérimenté la cocaïne, 2 % la MDMA/ecstasy, 1,6 % les amphétamines et 1,3 % la méthamphétamine. Pour le protoxyde d’azote, qui est au cœur de nombreuses inquiétudes sanitaires, les usages sont restés stables entre 2022 et 2024. L’expérimentation a concerné 5,8 % des lycéens en 2024.
La dangerosité des substances varie en fonction de la quantité et du produit
L’étude montre également que la dangerosité de toutes les substances étudiées varie selon la quantité ou la fréquence d’usage. "Une majorité de lycéens voit un risque important au fait de boire quatre ou cinq verres d’alcool chaque jour, mais ils ne sont qu’un tiers à associer un risque important au fait de boire un ou deux verres par jour. Idem pour la cigarette : seulement 15,3 % considèrent que fumer occasionnellement du tabac constitue un risque important pour la santé".
Les drogues sont en revanche bien perçues comme dangereuses. 82,0 % des lycéens estiment que la cocaïne constitue un risque important pour la santé. Les taux sont de 78,1 % pour le cannabis, 75,6 % pour la MDMA/ecstasy, 74,2 % pour les amphétamines et 72,7 % pour les cannabinoïdes de synthèse.
"Quelle que soit la substance, les expérimentations comme les usages actuels ou récents restent globalement orientés à la baisse à l’exception de certains usages d’alcool", confluent les auteurs. "Ces résultats confirment et consolident le recul de la précocité des expérimentations avec des collégiens de moins en moins nombreux à expérimenter les cigarettes de tabac ou les boissons alcoolisées et qui, lorsqu’ils les expérimentent, le font de plus en plus tard."



