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Conditions météorologiques

Grossesse : et si ce n’étaient pas seulement les canicules qui menaçaient la santé des fœtus ?

Les bébés dont les mères étaient exposées à la chaleur, "même en dehors des canicules", en début de grossesse, présentent un petit poids de naissance.

Grossesse : et si ce n’étaient pas seulement les canicules qui menaçaient la santé des fœtus ? fizkes/iStock




L'ESSENTIEL
  • L’exposition à des températures élevées, même modérées, pendant les deux premiers trimestres de la grossesse est associée à un risque accru de petits poids à la naissance.
  • En revanche, les femmes enceintes exposées à des températures de 21,6 °C en fin de grossesse accouchent de bébés présentant un poids de naissance plus élevé d’environ 60 g.
  • D’autres facteurs comme la pollution atmosphérique, la faible exposition aux espaces verts et des conditions socio-économiques défavorables renforcent cet effet.

Plus les années passent, plus les effets des dérèglements climatiques se font sentir. En effet, les températures ne cessent d’augmenter et les vagues de chaleur extrêmes se multiplient. L’exposition au pic thermique représente un risque pour la santé des femmes enceintes. Celui-ci "peut être amplifié par des déterminants environnementaux et sociaux. Cependant, ces interactions restent insuffisamment caractérisées", selon des chercheurs de l’Inserm et de l’université de Grenoble Alpes. C’est pourquoi ils ont, en collaboration avec Santé publique France, mené une étude sur la question.

Le stress thermique en début de grossesse peut réduire le poids de naissance

Dans les travaux, publiés dans la revue Environmental Science & Technology, l’équipe a recruté 20.904 femmes enceintes entre 2002 et 2017, qui ont été suivies tout au long de leur grossesse. Les auteurs ont examiné les périodes critiques d’exposition à la chaleur pendant la grossesse et les liens avec la croissance fœtale. En outre, ils ont analysé le rôle de la pollution atmosphérique, de la présence d’espaces verts et des facteurs de stress sociaux (position sociale individuelle et contexte socioéconomique de résidence), car jusqu’à présent, les recherches se sont concentrées sur "l’effet d’un seul facteur environnemental (température, pollution, …) sur le poids de l’enfant à la naissance. Ainsi, l’effet de la chaleur n’avait été étudié que seul et sans prendre en compte" les autres facteurs. Pour les besoins de l’étude, l’exposition hebdomadaire à la température ambiante et aux polluants atmosphériques (PM2,5, dioxyde d'azote, ozone) a été estimée à partir de modèles spatio-temporels à haute résolution.

Le mercure "a des conséquences sur la santé, même en dehors des canicules", a déclaré, à Libération, Johanna Lepeule, directrice de recherche à l’Inserm qui a participé à l’étude. Selon les données, l'exposition à la chaleur durant les deux premiers trimestres a été associée à un retard de croissance fœtale. Une température moyenne de 21,6 °C entre la deuxième et la 15ème semaine a été liée à une diminution du poids de naissance de - 40 à - 200 g. "Ces associations différaient après un ajustement pour l'exposition à l'ozone." En revanche, l’exposition aux températures élevées vers la fin de la grossesse (semaines 32 à 35) apparaissait, elle, associée à une augmentation d’environ 60 g du poids de naissance.

Plus d’effets chez les femmes vivant dans des zones avec peu d’espaces verts et/ou soumises à un stress social accru

Une tendance à des associations plus fortes a été observée chez les femmes peu exposées à la végétation, ayant statut social défavorisé et en situation de précarité contextuelle élevée. "C’est la première fois qu’une étude prend en compte le rôle de ces différents facteurs dans les effets de la chaleur sur le poids de naissance. Nos résultats soulignent l’importance de mettre en place des mesures ciblées pour protéger les femmes enceintes et l’enfant à naître dès le début de grossesse, notamment par la végétalisation des environnements de vie qui permettent de réduire l’exposition à la chaleur", a conclu Maximilien Génard-Walton, chercheur post-doctorant à l’Inserm et co-premier auteur de la publication dans un communiqué.

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