- Les analyses menées sur dix miels et deux pâtes à tartiner Nutella (classique et végétale) ont révélé la présence de traces de plusieurs néonicotinoïdes (insecticides), avec l'acétamipride et l'imidaclopride retrouvés dans 100 % des échantillons.
- Les miels importés sont nettement plus contaminés que les miels français, en particulier ceux bio.
- L’ONG Agir pour l'environnement demande un moratoire européen sur ces pesticides.
Que retrouve-t-on vraiment dans le miel et la pâte à tartiner ? C’est la question à laquelle a récemment répondu l’ONG Agir pour l'environnement. Pour ce faire, elle a fait analyser dix miels, dont trois issus de l’agriculture biologique, provenant de divers pays. Certains sont issus d’un mélange de miels de différentes origines. L'association a aussi fait examiner deux pâtes à tartiner Nutella, la version classique et la version tout végétal.
Les pâtes à tartiner et miels importés sont les plus pollués par des néonicotinoïdes
L'ensemble des produits a été passé au crible par un laboratoire spécialisé capable de détecter et quantifier la présence de neuf substances néonicotinoïdes, une famille d'insecticides utilisés pour protéger les cultures contre les insectes ravageurs. Pour rappel, plusieurs néonicotinoïdes ont été fortement restreints ou interdits en extérieur dans l'Union européenne, car ils peuvent persister dans les sols et contaminer l'eau. "Les substances analysées, et leur limite de quantification, sont les suivantes : l’acétamipride, le sulfoxaflor et le thiaclopride à 5 ng/kg ; l’imidaclopride, le thiamethoxam, le flupyradifurone et le nitenpyram à 10 ng/kg ; la clothianidine à 20 ng/kg et enfin le dinotefuran à 50 ng/kg", peut-on lire dans le rapport.
Les résultats ont révélé que les miels importés contenaient le plus grand nombre de néonicotinoïdes différents, mais également les concentrations les plus élevées. Ceux faits en France et issus de l’agriculture biologique sont les moins pollués. Selon les données, un miel de fleurs composé d’un mélange moldave et bulgare vendu chez Leader Price concentre jusqu’à 5.371 nanogrammes (ng) de six néonicotinoïdes, contre à peine sept ng pour un miel bio français vendu par Carrefour. "L’interdiction des néonicotinoïdes en France semble ainsi avoir pour effet de réduire très significativement la présence de néonicotinoïdes dans les miels français et biologiques." En ce qui concerne les pâtes à tartiner, des traces de huit néonicotinoïdes différents ont été détectées. Plus précisément, le Nutella classique concentre plus de 480 ng de six néonicotinoïdes et la version tout végétal, 849 ng de sept néonicotinoïdes.
Un moratoire européen sur ces substances toxiques
D’après l’ONG, l’acétamipride et l’imidaclopride sont identifiés dans 100 % des prélèvements. "Cette prévalence démontre la présence systémique et la persistance des néonicotinoïdes dans l’environnement, dont l’interdiction stricte doit être préservée au niveau national et élargie au niveau européen. La commission mixte paritaire qui se réunit le 16 juillet 2026 afin de trouver un compromis sur la nouvelle loi d'urgence agricole doit rejeter la réautorisation des néonicotinoïdes", a souligné l’association avant d’ajouter que les pouvoirs publics doivent mettre en œuvre un moratoire européen sur ces substances toxiques. Selon elle, les marques mises en cause doivent également revoir immédiatement leurs procédés de fabrication afin de garantir aux consommateurs français un produit sans néonicotinoïdes.


