La maladie de Lyme n’est pas la seule pathologie liée aux morsures de tique. Ce parasite peut transmettre l’anamoplasmose. Au Québec, de plus en plus de cas sont recensés. "L’anaplasmose granulocytaire est actuellement la deuxième maladie transmise par les tiques la plus fréquente au Québec, après la maladie de Lyme. Depuis qu’elle est devenue une Maladie à déclaration obligatoire (MADO) en 2019, l’anaplasmose est en progression avec 165 cas répertoriés entre 2019 et 2024", indique l’Institut national de santé publique du Québec dans un document.
Anamoplasmose : une maladie liée à une bactérie transmise par les tiques
La pathologie est transmise par la tique à pattes noires, et causée par la bactérie Anaplasma phagocytophilum. Le parasite s’infecte en mordant un animal dit ‘réservoir’, comme certains rongeurs ou petits mammifères. Ensuite, elle peut transmettre l’anaplasmose à des chevaux ou des chiens. L'être humain est considéré comme un hôte accidentel : cela signifie qu’il ne fait pas partie du cycle naturel de la tique. Selon l’Institut national de santé publique du Québec, la bactérie peut provoquer une infection même si la tique a été retirée dans les 24 heures après la morsure. Au Québec, les cas apparaissent dans des zones où les tiques sont présentes depuis de nombreuses années, et en quantité de plus en plus abondantes. Aux États-Unis, le nombre de cas d’anaplasmose est en progression depuis 1999 : 7.280 infections ont été recensés en 2023.
Ni vaccin, ni traitement préventif : l’anaplasmose peut être une maladie grave
"Comparativement à la maladie de Lyme, il n’existe pas de traitement préventif pour l’anaplasmose et le délai de transmission est assez court", indique l’institut québécois. Aucun vaccin n’est actuellement disponible. Dans la plupart des cas, les symptômes apparaissent une à deux semaines après l’infection. "Ils sont variables et non spécifiques chez l’humain (fièvre, frissons, céphalées, myalgies, arthralgies, etc)", liste l’institut. Selon le ministère de la santé canadien, des complications peuvent survenir comme des crises d’épilepsie, le coma ou des défaillances d’organes. En cas d’infection confirmée par un test sanguin, les professionnels de santé recommandent généralement un traitement antibiotique. "Entre 2019 et 2023, 43 % des 101 cas humains d’anaplasmose acquis au Québec ont dû être hospitalisés", prévient l’institut.
Quelle est la fréquence de l’anamoplasmose en France ?
En France, la pathologie est peu fréquente chez l’humain. D’après une étude des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, le premier cas a été décrit en 1999, et depuis, plusieurs autres ont été signalés dans l’est du pays. "Cependant la fréquence réelle de l’infection chez l’homme est probablement sous-évaluée au regard des chiffres élevés de prévalence constatés, tant aux États-Unis : 11 à 15 %, qu'en Europe : 2 à 28 %", relevaient les auteurs de ces travaux, parus en 2022.



