- Une psychothérapeute pour enfants de Cambridge appelle à aussi proposer une thérapie aux parents des enfants touchés par des troubles de santé mentale.
- Pour elle, les enfants sont partie d'un « système écologique ». C'est-à-dire un réseau incluant leur famille, leur communauté et leur culture.
- L'experte soutient aussi que chaque famille possède des "fantômes oubliés" qui affectent les comportements de ses membres comme la manière d'exprimer, de gérer ou de refouler ses émotions.
Depuis plusieurs années, la santé des jeunes se dégrade. Santé Publique France a notamment relevé que 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression ou encore plus de 50 % des élèves ont des plaintes psychologiques ou somatiques hebdomadaires (irritabilité, nervosité, troubles du sommeil…).
Il est important de prendre en charge les jeunes en souffrance. Toutefois, pour Alix Hearn, psychothérapeute pour enfants à l'Université de Cambridge, il faudrait aussi proposer une thérapie aux parents.
Santé mentale des jeunes : il faut prendre en compte l’ensemble de la famille et de son histoire
Dans son livre Places of Safety sorti au Royaume-Uni le 2 juin 2026, la psychothérapeute avance qu’il ne faut pas traiter les jeunes en détresse psychique comme des cas isolés et regarder au-delà du problème médical. Pour elle, les enfants font partie d’un système écologique, un réseau de relations incluant leur famille, leur communauté et leur culture au sens large, qu’il faut prendre en compte.
Si les jeunes sont influencés par leurs parents, les parents sont eux-mêmes orientés par la manière dont ils ont été élevés. "De ce fait, les familles sont en partie définies par des "attachements fantômes" – des comportements acquis qui se transmettent, souvent inconsciemment, de génération en génération", explique le communiqué. Chaque famille a ainsi ses "fantômes oubliés" qui affectent les comportements de ses membres tels que la manière d'exprimer, de gérer ou de refouler ses émotions.
"Actuellement, de nombreux services travaillant auprès des enfants et des jeunes continuent de considérer l'enfant comme un individu à réparer, à guérir ou à améliorer", explique Alix Hearn. "En réalité, les enfants sont souvent les réceptacles des émotions non résolues des adultes."
"Lorsqu'un enfant est orienté vers une thérapie, il se peut que son parent ou tuteur ait également besoin d'aide. Dans un monde idéal, aucun enfant ne serait pris en charge sans que ses parents soient également impliqués dans le processus", ajoute-t-elle.
Il faut découvrir les attachements fantômes de la famille
Pour illustrer sa théorie, la psychothérapeute prend en exemple les enfants repliés sur eux-mêmes, agressifs ou présentant un risque d'automutilation. Ces derniers traversent souvent ces difficultés en raison d’un manque de soutien ou de réconfort affectif.
"La capacité des parents à répondre à ces besoins est cependant souvent influencée par leur propre enfance. Une partie du travail des psychothérapeutes, écrit Alix Hearn, consiste à identifier et à démêler les attachements fantômes qui peuvent se cacher derrière une demande de consultation." C’est pourquoi, selon elle, il faudrait aussi encourager la prise en charge des parents ou tuteurs.
Parmi les exemples les plus marquants de son ouvrage l'ouvrage, elle cite des cas où les réactions à des traumatismes collectifs tels que l'Holocauste ou d'autres génocides se sont transmises au sein des familles.


