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QUESTION D'ACTU

Tueur silencieux

Cancer de l’ovaire : les profils les plus à risque d'être diagnostiqués aux urgences

Deux femmes sur 5 atteintes d’un cancer de l’ovaire ne sont diagnostiquées qu’après une admission aux urgences.

Cancer de l’ovaire : les profils les plus à risque d'être diagnostiqués aux urgences Elena Nechaeva/istock




L'ESSENTIEL
  • Deux femmes sur cinq atteintes d'un cancer de l'ovaire ne sont diagnostiquées qu'après une admission aux urgences.
  • Les taux sont encore plus élevés chez les jeunes, les personnes âgées et celles qui sont fragiles ou économiquement défavorisées.
  • Les chercheurs appellent à améliorer le parcours de diagnostic et la sensibilisation.

Partageant plusieurs symptômes avec des troubles bénins, le cancer de l’ovaire passe souvent inaperçu… trop longtemps. Ce qui lui vaut d’être aussi appelé le tueur silencieux. Et ce surnom n’est pas usurpé, à en croire l’étude parue dans le BMJ Oncology le 7 juillet 2026.

Deux femmes sur cinq atteintes d’un cancer de l’ovaire ne sont diagnostiquées qu’après une admission, et elles ont alors trois fois moins de chance que la maladie soit découverte à un stade précoce.

Cancer de l’ovaire diagnostiqué aux urgences : les jeunes, les personnes âgées et démunies sont plus à risque

Afin d’identifier plus rapidement les tumeurs malignes aux ovaires, les chercheurs ont voulu identifier les facteurs associés au risque de diagnostic de cancer de l'ovaire dans les 28 jours suivant une admission aux urgences. Ils ont pour cela repris les dossiers de 28.204 femmes diagnostiquées avec la maladie en Angleterre entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2021. 11.377 d’entre elles – soit un peu plus de 40 % – ont reçu un diagnostic dans les 28 jours suivant un passage aux urgences.
Certaines patientes présentaient des risques encore plus élevés de diagnostic : les jeunes, les femmes présentant une fragilité (état de vulnérabilité accrue lié à un déclin des réserves et du fonctionnement), celles ayant des difficultés économiques et les personnes âgées.

Dans le détail, plus de deux tiers des femmes présentant une "fragilité sévère" (69 %) ont été diagnostiquées avec un cancer de l’ovaire lors de leur admission aux urgences. Le diagnostic était également 36 % plus probable chez les 18 à 29 ans et 25 % plus probable chez les femmes plus âgées (80 ans et plus) que chez les soixantenaires.

"Le risque de recevoir un diagnostic de cancer de l'ovaire après une admission aux urgences était plus élevé chez les femmes plus jeunes, malgré des taux plus élevés de cancers de bas grade à un stade précoce — des facteurs associés à des taux plus faibles de diagnostic de cancer de l'ovaire après une admission aux urgences", soulignent les chercheurs. Il avance que ce taux élevé de jeunes femmes diagnostiqué malgré des risques moindres de développer la maladie, peut être lié au fait que le cancer de l'ovaire n'est pas considéré comme une maladie de jeunes femmes… et qu’elles passent à travers les mailles des filets avant leur admission.

Le niveau social des patientes peut aussi jouer en leur défaveur. Les femmes des quartiers les plus défavorisés avaient 11 % plus de risques d’être diagnostiquées après une admission d’urgence que les autres, même après avoir pris en compte des facteurs influents tels que l’âge et la fragilité.

Cancer de l’ovaire : il faut améliorer le parcours de diagnostic

Les femmes diagnostiquées aux urgences font face à une difficulté supplémentaire. Leur cancer de l’ovaire affiche généralement un stade avancé. Elles sont, en effet, 3 fois moins susceptibles d'avoir des tumeurs à croissance lente que les autres. Le repérage tardif du cancer et les profils à risque, mis en lumière dans cette étude, ne concernent pas que le Royaume-Uni. "Le diagnostic de cancer de l'ovaire après une admission aux urgences ne se limite pas à l'Angleterre, mais touche également des pays comme les États-Unis, l'Australie, le Danemark, la Norvège, le Canada et la Nouvelle-Zélande, où les taux varient d'environ 20 % à 50 %", soulignent les chercheurs dans leur communiqué.

Ils ajoutent que leurs travaux montrent qu’il faut améliorer les parcours d’orientation et de diagnostic, en mettant l’accent sur la sensibilisation des patientes, l’amélioration de la reconnaissance précoce des symptômes d’alarme, la gestion des priorités des listes d’attente et le développement de parcours de diagnostic efficaces.

Pour mémoire, les symptômes du cancer de l'ovaire comprennent des ballonnements abdominaux persistants, des douleurs abdominales ou pelviennes, une sensation de satiété rapide, une perte d'appétit, une perte de poids inexpliquée, de la fatigue, une augmentation de la fréquence ou de l'urgence des mictions et des changements dans le transit intestinal. Si vous présentez ces signes, consultez votre médecin.

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