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QUESTION D'ACTU

Erreur médicale

Opérée des dents de sagesse au lieu de la cheville : comment est-ce possible ?

Dans le Pas-de-Calais, une adolescente admise dans une clinique pour une opération de la cheville s'est réveillée de l’intervention avec quatre dents de sagesse en moins. Que s'est-il passé au bloc ?

Opérée des dents de sagesse au lieu de la cheville : comment est-ce possible ? Pornpak Khunatorn/iStock




L'ESSENTIEL
  • Une adolescente de 17 ans s’est rendue le 10 juillet à la clinique de la Côte d’Opale à Saint-Martin-Boulogne (Pas-de-Calais) pour une opération prévue à la cheville.
  • Elle a finalement subi l’extraction de ses quatre dents de sagesse, une intervention qui concernait une autre patiente.
  • La famille, toujours choquée par cet incident, et plus précisément par ses conséquences physiques et psychologiques pour la lycéenne, a décidé de déposer plainte.

"J’ai l’impression que ça n’est pas réel, ça n’arrive que dans les films !" C’est ce que déclare, à La Voix du Nord, la mère de Louise (prénom modifié par le journal) qui est entrée au bloc de la clinique de la Côte d’Opale, à Saint-Martin-Boulogne (Pas-de-Calais), pour une intervention, mais rien ne s’est passé comme prévu. Cette erreur médicale est survenue le 10 juillet dernier. À cette date, une jeune fille de 17 ans est admise dans l’établissement de santé pour une opération de la cheville, prévue depuis longtemps, qui est censée améliorer sa qualité de vie. À son arrivée, tout se déroule normalement. Au moment de l’intervention, l’adolescente Outreloise est prise en charge par un chirurgien, qui s’avère être en réalité un chirurgien dentaire selon le quotidien.

"Depuis l’incident elle fait des angoisses, ne dort pas la nuit"

Ce n’est qu’au réveil de sa fille que sa mère se rend compte que l’opération de la cheville s'est transformée en... extraction des dents de sagesse ! "Quand je suis entrée dans la salle de réveil pour voir ma fille, je me suis mise à pleurer." Après l’intervention, la lycéenne "se réveille et essaye de bouger son pied, et bizarrement, elle y arrive. Puis elle sent qu’elle a des cotons dans la bouche. Elle est en état de choc. Depuis l’incident elle fait des angoisses, ne dort pas la nuit. Et c’est pareil pour moi, je tremble, je ne mange plus… On se demande encore comment cela a pu arriver. (…) Dans la famille on a tous été choqués. Le chirurgien est revenu me voir pour répéter ses excuses. Je lui ai dit que je ne voulais plus le voir."

Erreur médicale : une enquête interne a été ouverte

Pour l’heure, les circonstances de cette confusion médicale ne sont pas connues. Interrogé par France 3, l'établissement médical reconnaît sa responsabilité et indique qu'il s'agit « d'une situation exceptionnelle, profondément regrettable, et nous mesurons les conséquences qu'elle peut avoir pour elle et pour ses proches. » D’après RTL, une enquête interne est en cours afin de déterminer comment une telle erreur a pu se produire. "Il serait aujourd'hui prématuré de tirer des conclusions définitives ou de se prononcer sur d'éventuelles responsabilités individuelles. Notre priorité demeure aujourd'hui la santé et l'accompagnement de la jeune patiente, l'écoute de sa famille et la recherche complète de la vérité sur les circonstances de cet événement", ajoute la clinique.

"Les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves"

Dix jours après l’incident, il est impossible pour les proches de la jeune patiente, ayant refusé de signer le papier d'indemnisation à la suite de l’erreur médicale, de tourner la page. Ainsi, ils ont porté plainte contre la clinique. "Normalement lorsqu’on se fait opérer des dents de sagesse il y a des rendez-vous avant pour expliquer comment se passe la convalescence, un suivi antibiotique. Là ça n’a pas été le cas. Et quand on appelle la clinique pour avoir des réponses à nos questions, on se fait rembarrer sèchement. J’ai dû appeler un médecin du 15 qui m’a informée et rassurée. (…) Les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves, car l’anesthésie était calibrée pour l’autre jeune fille qui devait se faire opérer. Il y avait de gros risques. Ces erreurs-là ne doivent pas arriver !"

En outre, la mère de la victime souligne que la qualité de vie de sa fille ne risque pas d’être améliorée, car elle ne s’est pas fait opérer de la cheville. "Elle voulait faire cette opération maintenant pour être tranquille à la rentrée. Mais là ce n’est plus possible, la confiance est rompue. Il va falloir un moment avant que ma fille puisse de nouveau accepter d’aller dans un hôpital."

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