- L'exposition aux PFAS pendant la grossesse et la petite enfance est associée à une augmentation de l'inflammation intestinale pendant l'enfance.
- Les enfants ayant été les plus exposés aux polluants, avaient des taux élevés de calprotectine fécale.
- Il s'agit d'un biomarqueur bien connu d’une inflammation sévère de l’intestin.
Les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS), plus connus sous leur nom de polluants éternels, sont partout : les textiles, les emballages alimentaires, les mousses anti-incendie, les gaz réfrigérants, les cosmétiques, les dispositifs médicaux, les produits phytopharmaceutiques… Il est difficile de les éviter, et ce n’est pas sans conséquence.
Des chercheurs de l'hôpital Mount Sinai ont découvert qu'une exposition prénatale et en début de vie aux PFAS est associée chez les enfants à des niveaux plus élevés d'un biomarqueur de l'inflammation intestinale. Les résultats ont été publiés dans la revue Clinical Gastroenterology and Hepatology, le 10 juillet 2026.
Tous les nouveaux-nés avaient été exposés aux PFAS
Pour comprendre l’impact d’une exposition aux polluants éternels dès le plus jeune âge, les chercheurs ont suivi plus de 200 couples mère-enfant. Ils ont analysé des échantillons de sang séché de 84 nourrissons et du sang provenant du cordon ombilical de 93 bébés. Les petits participants ont été suivis sur une période pouvant aller jusqu’à 11 ans.
Des PFAS (anciens ou actuellement utilisés) ont été détectés dans tous les prélèvements. Ce qui montre que tous les enfants ont été exposés pendant la phase grossesse ou la toute petite enfance. Plus inquiétant encore, les analyses ont révélé que les jeunes participants ayant des niveaux élevés de mélange de PFAS à la naissance, avaient des taux importants de calprotectine fécale plus tard dans l'enfance. Il s’agit d’un biomarqueur d’une inflammation sévère de l’intestin. Il est couramment utilisé pour surveiller les maladies inflammatoires chronique de l'intestin (MICI) comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.
Comprendre les facteurs environnementaux pour prévenir les MICI
À la suite de la présentation de leurs résultats, les chercheurs précisent qu'un taux élevé de calprotectine fécale n'indique pas nécessairement qu'un enfant développera une MICI. La présence du biomarqueur témoigne uniquement d’un risque accru.
"Bien que la génétique joue un rôle important dans les maladies inflammatoires de l’intestin, elle n’explique pas entièrement leur développement", explique la Dr Manasi Agrawal, auteure principale, dans un communiqué. "Nos résultats suggèrent qu’une exposition prénatale et en début de vie aux PFAS pourrait contribuer à l’inflammation intestinale pendant une étape cruciale du développement. Comprendre ces facteurs environnementaux pourrait nous permettre, à terme, d’identifier des pistes pour réduire les risques de développer la maladie avant même l’apparition des symptômes."
L’équipe prévoit de poursuivre ses recherches afin de déterminer si les nourrissons exposés à des concentrations élevées de polluants éternels en début de vie et présentant une inflammation intestinale pendant l’enfance sont plus susceptibles de développer une maladie inflammatoire de l'intestin à l'âge adulte.



