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Gravité, diagnostic : les inégalités sociales transparaissent aussi dans le cancer

Si le cancer peut toucher tout le monde, il frappe plus durement les Français les plus modestes, révèle une nouvelle étude de la Dress.

Gravité, diagnostic : les inégalités sociales transparaissent aussi dans le cancer MargJohnsonVA/istock




L'ESSENTIEL
  • En France, le cancer du poumon touche beaucoup plus souvent les personnes les plus modestes.
  • Les personnes les moins aisés développent plus souvent des cancers de mauvais pronostic et plus agressifs.
  • Pour les auteurs du rapport, les populations les plus défavorisées bénéficient moins des avancées en matière de prévention.

Contrairement aux idées reçues, nous ne sommes pas égaux face à la maladie. Les inégalités sociales sont visibles face aux cancers. Le nouveau rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publié ce jeudi 4 juin, montre pour la première fois qu'en France les personnes modestes ont plus de risques de développer des cancers de formes graves et diagnostiquées tardivement.

Les riches et les pauvres n’ont pas les mêmes cancers

Les travaux de la Drees dévoilent en premier lieu que le cancer ne touche pas les mêmes organes, selon le niveau de vie des malades. Par exemple, le cancer du poumon se déclare plus souvent chez les plus démunis. Entre 2013 et 2020, les hommes appartenant aux 10 % les plus modestes avaient 2,2 fois plus de risques de développer ce type de tumeur maligne que ceux appartenant aux 10 % les plus aisés. À l’inverse, les cancers du sein et de la prostate étaient plus fréquemment observés parmi les populations les plus aisées.

Pour les auteurs, ces différences reposeraient "à la fois sur des écarts d’exposition à des facteurs de risque, comme le tabagisme, mais aussi sur des différences de recours au dépistage".

Plus inquiétant encore : les Français les plus pauvres développent plus fréquemment des cancers de mauvais pronostic (1,7 fois plus de risque) et plus agressifs. Ce qui impacte fortement leurs chances de survie.

Cancer : la prévention touche moins les plus démunis ?

Comment expliquer ces différences dans la population française ? il semblerait que les mesures de prévention atteindraient moins les classes défavorisées. Le rapport de la Dress remarque que les plus démunis profitent peu des dispositifs de dépistage mis en place. Ils ont, en effet, 2,3 fois plus de risques d’être diagnostiqués avec un cancer déjà métastasé au moment du diagnostic, si ce dernier est dépistable. Un chiffre d’autant plus marquant que cet écart de gravité au moment du diagnostic entre les catégories sociales n'apparaît pas avec les cancers non dépistables.

Les inégalités face aux tumeurs malignes pourraient aussi être liées à l’hygiène de vie et aux écarts d’exposition à des facteurs de risque. Les plus modestes ont 2 fois plus de risques de développer des cancers associés à des facteurs de risque connus et donc considérés comme évitables. "Ces résultats mettent en évidence que les inégalités sociales face au cancer se construisent à plusieurs étapes : l’exposition aux facteurs de risque, le recours au dépistage et la précocité du diagnostic. Ils suggèrent que les populations les plus défavorisées bénéficient moins des avancées en matière de prévention, ce qui pourrait contribuer ainsi au maintien des inégalités sociales de santé", concluent les auteurs.

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