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Daraxonrasib

Cancer du pancréas : les Français se mobilisent pour un accès au nouveau traitement

Le daraxonrasib suscite un immense espoir contre le cancer du pancréas métastatique. En France, une pétition demande aux autorités d'accélérer l'accès à ce médicament grâce aux dispositifs d'accès précoce prévus par la loi.

Cancer du pancréas : les Français se mobilisent pour un accès au nouveau traitement mi-viri / istock




L'ESSENTIEL
  • Le daraxonrasib pourrait doubler la survie des patients atteints d'un cancer du pancréas métastatique.
  • En France, une pétition demande un accès plus rapide à ce traitement innovant.
  • Patients, associations et oncologues appellent les autorités à utiliser les dispositifs d'accès précoce existants.

Contre le cancer du pancréas métastatique, des patients, des médecins et des associations demandent un accès accéléré au daraxonrasib, un nouveau médicament qui pourrait changer le pronostic de cette maladie parmi les plus meurtrières. Chaque année, près de 470.000 personnes à travers le monde sont emportés par un cancer pancréatique.

Le problème de ce cancer est qu'il est souvent détecté tardivement, donc déjà métastasé, et par conséquent plus opérable. Les patients ne peuvent donc être traités qu'avec de la chimiothérapie, mais nombreux sont ceux qui deviennent résistants au traitement.

Un traitement qui redonne de l'espoir

Les résultats d’un nouvel essai international, présentés au congrès 2026 de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) et publiés dans le New England Journal of Medicine, pourraient changer la donne. Menée auprès de plus de 500 patients, dont des Français, l'étude montre que le daraxonrasib double la survie médiane après l'échec d'une première chimiothérapie : 13,2 mois d’espérance de vie, contre 6,7 mois pour ceux traités par une deuxième ligne de chimiothérapie. Le traitement, administré sous forme d'un comprimé quotidien, cible la protéine RAS, impliquée dans plus de 90 % des cancers du pancréas via une mutation du gène KRAS. Il empêche sa prolifération et ralentit ainsi la progression des métastases.

"Ce traitement ne va pas permettre une guérison. Mais cela reste un progrès majeur puisqu'il peut permettre de repousser la progression de la maladie et offrir aux patients une meilleure qualité de vie", note Thomas Pudlarz, oncologue à Gustave-Roussy, auprès de France 24. Son confrère Fabrice André, du même institut, abonde : "Six mois, cela peut paraître rien, mais quand on parle de survie face à un cancer agressif, c'est beaucoup."

Une pétition pour accélérer l'accès en France

Malgré ces résultats prometteurs, le daraxonrasib n'est pas encore disponible en Europe. C'est pourquoi l'association de patients Espoir Pancréas vient de lancer une pétition demandant au Gouvernement, au ministère de la Santé, à l'ANSM, à la HAS, à l'Agence européenne du médicament et au laboratoire Revolution Medicines d'accélérer son accès. "La France dispose déjà de dispositifs permettant d'accéder plus rapidement à des traitements innovants lorsque les patients sont en impasse thérapeutique. Ces dispositifs existent [et] doivent être utilisés sans délai."

L'association de patients réclame notamment "l’ouverture immédiate d’une Autorisation d'Accès Précoce", "l'accélération de la demande d'autorisation européenne", ou encore le recours aux "procédures compassionnelles" – qui permettent à titre dérogatoire d’utiliser des médicaments sans autorisation de mise sur le marché (AMM) en France – pour les patients sans autre option thérapeutique.

Selon Espoir Pancréas, près de 16.000 Français apprennent chaque année qu'ils sont atteints d'un cancer du pancréas, et environ 13.000 en meurent. "Chaque jour compte. Chaque retard coûte des vies", rappelle la pétition, selon laquelle "les procédures administratives pourraient repousser l’arrivée [du daraxonrasib] jusqu'en 2028".

"Les patients n'ont pas le luxe d'attendre les calendriers administratifs"

Pourquoi un tel délai pour un médicament qui semble faire ses preuves ? Dans une tribune publiée en juin par Nice-Matin, l'oncologue Jérôme Barrière explique qu’"en France, l’accès à un nouveau médicament anticancéreux commence le plus souvent par une étape européenne". Le laboratoire dépose un dossier auprès de l’Agence européenne du médicament, où un comité évalue le traitement avant de recommander, ou non, sa mise sur le marché – une évaluation qui peut durer jusqu’à 210 jours, parfois plus. "Vient ensuite le temps français : l’autorisation européenne ne signifie pas une disponibilité immédiate", poursuit le Dr Barrière. En effet, le médicament doit encore être évalué par la Haute Autorité de santé, puis faire l’objet de discussions sur le prix et le remboursement.

Comme l’association Espoir Pancréas, l’oncologue rappelle pourtant que des dispositifs d’"accès précoces" existent en France. Ils permettent d’accélérer, avant ou après l’autorisation européenne, l’accès d’un médicament aux patients, lorsque celui-ci "ne peut pas être différé et que son efficacité et sa sécurité sont fortement présumées". Dans ces cas, le médicament est évalué et mis sur le marché en quelques mois. "[Ces dispositifs] ont été pensés pour ce type de situation. Il faut maintenant les mobiliser au maximum."

"Les patients n'ont pas le luxe d'attendre les calendriers administratifs. Les oncologues de terrain et les associations de patients doivent être entendus", écrit Jérôme Barrière, tout en précisant n'avoir "aucun lien d'intérêt" avec le laboratoire Revolution Medicines.

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