- La France adopte une nouvelle loi pour renforcer la prévention des maladies cardiovasculaires.
- Le texte mise sur un dépistage plus précoce et une meilleure sensibilisation aux facteurs de risque.
- L'objectif est de réduire des milliers de décès évitables chaque année.
Un infarctus ou un AVC survient souvent sans prévenir. Pourtant, une grande partie de ces drames pourrait être évitée grâce à un dépistage plus précoce et à une meilleure prévention. Dans cette optique, l'Assemblée nationale a définitivement adopté, le 20 juillet, une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires.
Porté par le député LR et ancien ministre de la Santé Yannick Neuder, le texte a été adopté à l'unanimité, avec 462 voix pour et aucune contre. Déjà validé par le Sénat, il prévoit la mise en place d'une "stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires". Selon un communiqué de Yannick Neuder, ces maladies provoquent chaque année 140.000 décès et 1,2 million d'hospitalisations en France, alors même que "80 % d'entre elles pourraient être évitées".
Dépistage précoce et prise en compte des femmes
La loi introduit un dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires lors des rendez-vous médicaux de prévention. Ces consultations devront également sensibiliser les patients aux principaux facteurs de risque, comme le tabac, l'alcool, la sédentarité ou l'obésité. Le texte prévoit aussi des mesures spécifiques pour les femmes, chez qui les accidents vasculaires cérébraux (AVC) restent la première cause de décès. Leur risque cardiovasculaire, encore trop souvent sous-estimé, devra être mieux pris en compte afin d'améliorer un diagnostic souvent tardif.
Autre nouveauté : un rendez-vous de "dépistage précoce" sera proposé dès l'âge de 6 ans pour détecter notamment l'hypercholestérolémie familiale, une maladie génétique qui touche une personne sur 250 et demeure largement sous-diagnostiquée.
Une mobilisation de tous les professionnels de santé
La nouvelle loi autorise également les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes à mesurer la pression artérielle dans une démarche de prévention. Une mesure qui pourrait permettre d'identifier plus rapidement les millions de Français hypertendus qui l'ignorent encore.
Avant le vote, Yannick Neuder a défendu cette réforme en s'appuyant sur son expérience de cardiologue : "Comme cardiologue, je reçois encore chaque semaine des patients qui arrivent trop tard. […] Nous pouvons faire en sorte qu'ils arrivent plus tôt." Il a toutefois estimé qu'il ne s'agissait que d'une première étape, appelant à "une loi de programmation de la prévention car un budget annuel ne financera jamais un investissement dont le retour se mesure sur dix ans".
Selon les chiffres rappelés dans le texte de loi, les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité dans le monde et la deuxième en France après les cancers. Elles sont responsables de plus d'un décès sur cinq dans le pays. Un AVC survient toutes les quatre minutes en moyenne, touche 120.000 personnes chaque année et provoque près de 30.000 décès.


