- Ce 7 avril, l’ancien ministre de la Santé et cardiologue, Yannick Neuder, a présenté une proposition de loi rendant obligatoire le dépistage des maladies cardiovasculaires, touchant de plus en plus les femmes.
- Concrètement, des examens seraient "obligatoirement proposés" pendant les bilans de prévention à des moments clés de la vie des Français, notamment des femmes et des enfants.
- Le texte prévoit également d’autoriser les pharmaciens et les kinésithérapeutes à mesurer la pression artérielle des patients afin de toucher un public plus large.
AVC, insuffisance cardiaque, infarctus du myocarde… Les maladies cardiovasculaires sont la deuxième cause de mortalité et responsables de plus d'un million d'hospitalisations chez les adultes chaque année, selon Santé publique France. Celles-ci touchent particulièrement les femmes, qui ont des facteurs de risque (SOPK, grossesse, ménopause…) et des symptômes différents des hommes. "Dans notre pays, il y a plus de femmes qui meurent de maladie cardiovasculaire que d'hommes", nous a signalé le Pr Martine Gilard, cardiologue et membre du conseil d'administration de la fondation et membre de l'Académie nationale de médecine.
Maladies cardiovasculaires : repérer plus tôt les facteurs de risque avec des examens "obligatoirement proposés"
En réponse à ce fléau, l’ancien ministre de la Santé, député LR et cardiologue, Yannick Neuder, a présenté, ce mardi 7 avril, une proposition de loi visant à accélérer la prévention cardioneurovasculaire et à anticiper un risque sanitaire et social majeur. Actuellement examiné à l’Assemblée nationale, le texte, s’il est adopté, va généraliser l’accès au dépistage. "Le dépistage précoce des maladies cardioneurovasculaires et des maladies cardiaques structurelles comprend une évaluation clinique et biologique, incluant le dosage de la lipoprotéine. Ce dépistage prend en compte les déterminants propres au risque cardioneurovasculaire des femmes et évalue systématiquement le facteur de risque obstétrical et hormonal et les signes cliniques spécifiques associés. Ce dépistage est obligatoirement proposé à l’assuré lors des rendez-vous de prévention."
Des examens sont également "obligatoirement proposés" à des moments clés de la vie des enfants. Plus précisément, après leur sixième anniversaire, les tout-petits se voient "obligatoirement" proposer un rendez-vous de dépistage précoce des maladies cardioneurovasculaires, notamment de l’hypercholestérolémie familiale, qui comprend une évaluation clinique et biologique réalisée par un médecin dûment formé. "Cette obligation est réputée remplie lorsque le médecin atteste sur le carnet de santé soit de la réalisation de cet examen, soit du refus de celui-ci par la personne exerçant l’autorité parentale", peut-on lire dans le texte.
Le dépistage des maladies cardiovasculaires bientôt ouvert à d'autres professions de santé ?
Autre changement mis en avant par la proposition de loi : les pharmaciens et les kinésithérapeutes seront autorisés à mesurer la pression artérielle de patients dans une démarche de prévention du risque cardioneurovasculaire. Le texte prévoit aussi de mieux sensibiliser les Français aux maladies cardiovasculaires dans les établissements scolaires, notamment d’enseignement supérieur pour les étudiants, et en entreprise. "Il propose également des pistes de financement permettant la prise en charge intégrale par l’Assurance Maladie des examens nécessaires au dépistage et au diagnostic, notamment des bilans sanguins et cardiovasculaires ainsi que des échographies, en privilégiant l’établissement de recettes nouvelles."



