- Les Français utilisent moins de crème solaire qu’en 2024 malgré la hausse des cancers de la peau.
- Les contraintes pratiques, le prix et les inquiétudes environnementales expliquent ce recul.
- Les dermatologues rappellent pourtant qu’une grande majorité des cancers cutanés pourrait être évitée.
Bronzer sans protection est-il redevenu banal ? A l'heure où Météo-France annonçait, pour ce lundi 25 mai, des indices UV atteignant 7 et 8 sur 12 sur l'ensemble du territoire, les Français semblent relâcher leur vigilance face au soleil. Le baromètre 2026 de la FEBEA, réalisé avec OpinionWay, révèle une baisse inquiétante des réflexes de protection, notamment chez les jeunes et les parents, alors que les cancers de la peau ont plus que triplé en France entre 1990 et 2023 selon l’Institut national du cancer (INCa),
Des habitudes de protection en recul
Selon l’enquête menée auprès de plus de 1.000 personnes, 71 % des Français déclarent utiliser une protection solaire à la plage ou à la piscine. Un chiffre élevé en apparence, mais en baisse de 12 points par rapport à 2024. Désormais, 29 % des répondants disent ne pas se protéger dans ces situations, contre 17 % il y a seulement deux ans. La fréquence d’application reste également problématique : seul un Français sur quatre affirme remettre de la crème toutes les deux heures, comme le recommandent les autorités sanitaires.
Chez les parents, les gestes de prévention restent majoritaires : 84 % déclarent appliquer de la crème solaire à leurs enfants. Mais là aussi, les habitudes s’érodent : le renouvellement de l’application toutes les deux heures chute de 17 points. "Un point de vigilance particulier apparaît chez les jeunes, qui semblent davantage relativiser les risques liés à l’exposition solaire", souligne la FEBEA. Ainsi, près d’un jeune de moins de 25 ans sur deux estime pouvoir se passer de crème solaire sans réel danger.
Des freins pratiques à la crème solaire
Mais alors, pourquoi les Français se protègent-ils moins ? Le premier frein reste pratique. Pour 54 % des personnes interrogées, le fait de devoir réappliquer régulièrement la crème constitue une contrainte. Le prix arrive juste derrière : 53 % des Français jugent les produits solaires trop chers. Les inquiétudes liées à la santé et à l’environnement persistent également : un Français sur deux évoque l’impact supposé de certains ingrédients sur les océans ou sur la santé humaine.
Ainsi, 79 % des consommateurs estiment que les crèmes solaires ont progressé sur le plan environnemental, même si la plupart disent ne pas savoir identifier clairement les produits respectueux de l’environnement. Cette confusion pousse certains à renoncer totalement à la protection solaire : près d’un Français sur trois déclare avoir déjà évité la crème solaire pour des raisons écologiques. Ce chiffre atteint 50 % chez les moins de 25 ans.
Près de 85 % des cancers de la peau seraient évitables
Ce relâchement des comportements inquiète les dermatologues, selon qui près de 85 % des cancers de la peau pourraient être évités grâce à une meilleure protection solaire. Ils rappellent l’importance de privilégier l’ombre, de porter chapeau et vêtements couvrants, et d’utiliser une crème protégeant à la fois des UVA et des UVB. Les experts insistent enfin sur un point souvent oublié : même sous les nuages, les rayons ultraviolets traversent l’atmosphère et continuent d’endommager la peau.


