- Le Candida auris est un champignon pouvant provoquer des infections graves des plaies, du sang ou des organes chez les patients affaiblis.
- Il inquiète les autorités car il résiste à la plupart des antifongiques standards.
- Selon l'étude, il peut être repéré dans les eaux usées jusqu'à cinq mois avant que les patients ne commencent à présenter des symptômes.
Le Candida Auris inquiète fortement les autorités sanitaires. Ce champignon, qui provoque des infections graves, circule régulièrement dans les établissements de soin et surtout résiste à la plupart des antifongiques standards. La lutte contre ce responsable d’infections nosocomiales est donc particulièrement difficile.
Mais, l’université du Nevada vient de trouver un nouvel angle d’attaque. L’analyse des eaux usées des hôpitaux et des maisons de retraite permet de repérer le Candida Auris et d'identifier les souches avant l'apparition des symptomes des patients.
C. auris : le champignon repéré dans les eaux usées 5 mois avant la détection des cas
Pour mieux comprendre le champignon problématique, les chercheurs ont analysé les eaux usées non traitées provenant de trois grands hôpitaux du sud du Nevada entre 2021 et 2024. Ils ont découvert que les souches C. auris résistantes aux médicaments pouvaient y être détectées jusqu'à cinq mois avant que les patients ne commencent à présenter des symptômes.
Par ailleurs, en comparant ces échantillons aux restes des eaux usées de la région, ils ont découvert que celles des établissements de soin présentaient des concentrations de C. auris près de 100 fois supérieures, avec des taux de détection de 95 % contre 18 %.
Les analyses ont également révélé des "aspects biologiques inattendus de l'adaptation du champignon à la pression médicamenteuse". Les souches résistantes affichaient des signes de reprogrammation métabolique et de nouveaux mécanismes de réponse au stress, "susceptibles d'orienter vers de nouvelles cibles thérapeutiques", précisent les auteurs dans leur communiqué.
Infection nosocomiale fongique : analyser les eaux usées en attendant un nouveau traitement
Pour les chercheurs, l’analyse des eaux usées non traitées des hôpitaux, des maisons de retraite et des établissements de soins de longue durée pourrait être une vraie arme contre les infections provoquées par le Candida Auris. "Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives aux hôpitaux, qui n’auront plus à se fier uniquement aux indices contenus dans les dossiers cliniques ou aux tests au cas par cas sur des personnes déjà malades", explique Edwin Oh, co-auteur de l’étude publiée dans Nature Communications le 18 avril 2026.
"Trop souvent, la maladie d'un patient est le premier signe de l'arrivée d'une souche résistante aux médicaments dans un établissement, et à ce stade, elle a peut-être déjà commencé à se propager", ajoute Ching-Lan Chang, co-auteure principale de l'étude. "La surveillance des eaux usées modifie ce calendrier, offrant aux professionnels de santé, aux patients et à leurs familles un avantage considérable qui n'existait tout simplement pas auparavant. De nouveaux traitements antifongiques et un vaccin restent des objectifs à long terme… En attendant, l'analyse des eaux usées nous permet d'agir immédiatement."


