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Cerveau

Ces signes en écrivant pourraient révéler le déclin cognitif

En observant la façon dont les patients écrivent, on pourrait identifier ceux présentant un déclin cognitif, selon une nouvelle étude.

Ces signes en écrivant pourraient révéler le déclin cognitif Abdullah Durmaz/istock




L'ESSENTIEL
  • Une recherche révèle que l'écriture peut être un marqueur du déclin cognitif.
  • Les personnes souffrant de déclin cognitif écrivent notamment moins vite lors d'une dictée.
  • Les chercheurs avancent que les exercices d'écritures pourraient aider à repérer les personnes souffrant de déclin cognitif.

Si les yeux sont une fenêtre sur l’âme, l’écriture pourrait être celle sur le cerveau et son fonctionnement, selon des chercheurs de l’université d'Évora au Portugal. Ils ont en effet découvert qu’il était possible de repérer les patients qui souffrent de déclin cognitif en analysant leur manière d’écrire à la main. Leur étude a été publiée dans la revue Frontiers in Human Neuroscience, le 20 mai 2026.

Une vitesse d’écriture plus lente chez les patients ayant un déclin cognitif

Pour déterminer si le processus d’écriture pouvait révéler des signes de déclin cognitif, l’équipe a réuni 58 personnes âgées ayant entre 62 et 92 ans vivant dans des maisons de retraite. 38 participants souffraient de déclin cognitif.

Les volontaires ont réalisé deux types de tâche d'écriture à l'aide d'un stylet sur une tablette. Dans un premier temps, il a été demandé aux participants de tracer 10 lignes horizontales dans les 20 secondes et faire au moins 10 points pendant la même période. Ensuite, ils devaient écrire des phrases de complexité variable. Pour le premier exercice, elles étaient affichées sur une carte. Pour le second, elles étaient dictées. La vitesse d’écriture et l’organisation des traits étaient mesurées.

Les résultats ont montré qu'aucune des tâches de contrôle du stylo (effectuer des traits et des points) ne permettait de distinguer les capacités cérébrales des participants. "Ces tâches, considérées comme « simples », reposent principalement sur la motricité de base et pourraient ne pas suffire à révéler des différences subtiles que des tâches plus exigeantes cognitivement peuvent mettre en évidence", avancent les chercheurs dans leur communiqué. Les tâches de copie, "plus exigeantes mentalement que le contrôle du stylo, mais moins que la dictée", ne révélaient pas no plus de différences entre les personnes ayant des capacités cognitives amoindries et celles en bonne santé.

La dictée permettait, en revanche, de distinguer les deux groupes. La vitesse d’écriture et le nombre de traits effectués pour former les mots (qualité de l'écriture, NDLR) étaient des indicateurs du déclin cognitif. Lors des phrases plus complexes, un troisième marqueur s'ajoute à la liste : la durée de la dictée.

"Le rythme et l’organisation de l’écriture sont étroitement liés à la façon dont le cerveau planifie et exécute les actions, ce qui dépend de la mémoire de travail et des fonctions exécutives. À mesure que ces systèmes cognitifs déclinent, l’écriture devient plus lente, plus fragmentée et moins coordonnée", souligne la Dre Ana Rita Matias, auteure principale de l’étude.

Une dictée pour repérer les patients souffrant de déclin cognitif

"Les dictées sont plus sensibles, car elles exigent du cerveau qu'il effectue plusieurs tâches simultanément : écouter, traiter le langage, transcrire les sons et coordonner les mouvements", ajoute la Dr Matias. "Même au sein d'une même dictée, des différences peuvent apparaître. Une phrase plus longue, moins prévisible ou plus complexe sur le plan linguistique sollicite davantage les ressources cognitives."

L’experte et son équipe estiment ainsi que la réalisation de ce type d’exercice d’écriture pourrait aider à surveiller le déclin cognitif. "Non invasive et relativement peu coûteuse, cette méthode pourrait facilement être intégrée à la pratique clinique courante", assurent-elles. Toutefois, elles reconnaissent que cette approche nécessite d’autres études et travaux avant de faire son entrée dans les cabinets médicaux. En premier lieu, il faut encore mener des recherches sur des populations plus vastes et plus diversifiées. Les experts notent également que l'utilisation de médicaments et leur influence potentielle n'ont pas été prises en compte dans leurs premiers travaux.

"L’objectif à long terme est de développer un outil facile à utiliser, rapide et abordable, permettant son intégration dans les contextes de soins de santé quotidiens sans avoir besoin d’équipement spécialisé ou coûteux", conclut la Dr Ana Matias.

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